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Classiquesen Ligne

Kangaba.

25 janvier. — Sur les bords du fleuve, et parfois au milieu, se trouvent de larges bancs de sable ; au delà un cordon de bois épais formant galerie, puis la brousse. Nous passons au confluent du Sankarani. A cet endroit, le fleuve est assez profond. Ses bords et ceux de la rivière sont très boisés. De grandes touffes de saules trempent leurs rameaux dans l’eau.

Le village des Somonos de Kangaba est situé sur un petit monticule au bord du fleuve. Sur la rive, nous trouvons en train de sécher des paquets d’une espèce d’Hibiscus connue des indigènes sous le nom de da (bambaras et malinkès). C’est le chanvre d’Afrique (Hibiscus cannabinus L.) spontané en Sénégambie. Il est cultivé comme textile par les indigènes et atteint de 1 mètre à 1 m. 50 de hauteur. On lie les tiges en paquets gros comme deux fois le bras et on les fait rouir dans le Niger, puis sécher au soleil. Lorsque les feuilles sont tombées, les fruits avec leurs graines mûres adhèrent encore à la tige. On décortique ensuite la plante à la main, sans briser la partie ligneuse de la tige, utilisée comme combustible. Dans le village il y a deux beaux pieds de banan (Eriodendron anfractuosum D. C.) ayant perdu à peu près toutes leurs feuilles. Ils laissent pendre leurs fruits analogues à ceux des Bombax. Derrière les maisons se trouvent quelques carrés d’une plante potagère cultivée par les femmes indigènes. Elle vient d’être semée. Cette plante appelée boron (malinké) est mangée en couscous par les indigènes. C’est une espèce d’Amarante, vraisemblablement une variété de l’Amaranthus caudatus L. A la sortie du village, nous traversons un petit marigot presque desséché, puis à un quart d’heure de là, des champs de mil récolté.

Le village malinké de Kangaba est à 2 ou 3 kilomètres du village des Somonos. Il est précédé d’une dépression marécageuse, utilisée chaque année, pour la culture du riz. Ce riz est récolté, mais la base des chaumes reste encore debout. Kangaba est un village ruiné, autrefois très important. Il existe encore un vaste carré entouré de murs de la tata, où toutes les cases sont démolies. J’aperçois quatre dattiers. Ce sont les premiers que je rencontre au Soudan. Les régimes ne font que commencer à se développer. Il y a, en outre, autour du village quelques petits Baobabs mutilés presque réduits à l’axe formé par le tronc. Chaque année on coupe les jeunes rameaux feuillés pour les manger dans le couscous et la plante se développe avec peine. Le tabac est très beau. Il appartient à l’espèce Nicotiana rustica L. Les pieds sont hauts de 0 m. 80 à 1 mètre. Ceux qui sont cultivés à l’ombre des arbres sont beaucoup plus robustes.

Le chef du village est de grande taille et couvert de bijoux ; boucles d’oreilles en or, énormes colliers au cou, aux bras, aux pieds et dans les cheveux. Son frère et ses fils viennent nous saluer. Ce sont de forts beaux types aux traits très réguliers, aux yeux vifs, au teint noir bronzé. C’est, paraît-il, le type malinké très pur.