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Classiquesen Ligne

Koundian.

16 février. — De Kouroussa à Koundian, la brousse est épaisse. Quelques kobis (Carapa Touloucouna Guill. et Perr.) se trouvent au bord du marigot au delà du village de Moussaïa. Le Karité est absent ou très rare. Une Légumineuse à fleur jaune odorante est très abondante. Je remarque de jolis Ipomaea à corolles jaunes et d’autres espèces à fleurs roses et pourpres. Les lianes sont assez communes, mais le goïn (liane à caoutchouc) est plus rare que précédemment. Il y en a de gros troncs au bord de la route qui présentent des incisions. Un arbuste à fruit jaune comme l’orange est assez commun : c’est le Strychnos innocua Delile. Le bouré comestible est en fleurs et couvert de jeunes feuilles complètement épanouies. Il semble identique au Gardenia Thunbergia L. fils, ou voisin de cette espèce. D’autres individus sont entièrement dépourvus de feuilles et possèdent leurs petits fruits jaune pâle mûrs.

Le grand bouré est dépourvu de feuilles ; ses fruits tombent. C’est une espèce très voisine de la précédente, mais bien différente, à peine de la grosseur d’une poire, à mésocarpe ligneux non comestible, mais servant à fabriquer des cendres dont la lessive est employée pour la fabrication du savon indigène.

On traverse un marigot asséché avec des bambous et de nombreux palmiers. Je remarque au bord la Mélastomacée à grandes fleurs pourpres de Sicoro, une petite Papilionacée à fleurs roses et près du sentier une Labiée à fleurs blanches inodores. Le fond asséché du marigot est nu et couvert de terre floconneuse rougeâtre. J’aperçois des n’tabas, des sômons, communs dans la brousse et un Bassia. A l’entrée du village se trouvent de nombreux exemplaires de la Bignoniacée de Kouroussa, en pleine floraison. A 100 mètres du village, le griot avec un balafon, accompagné de deux acolytes portant également cet instrument, donnent un grand tamtam à mon arrivée, accompagnés des moussos (femmes) et bilacoros tous munis d’instruments de musique. Je suis bien accueilli par le chef du village. Koundian est un petit village qui paraît assez pauvre. J’y remarque des plants de bananiers, des papayers, quelques baobabs, des jardins plantés de diabas (échalottes). Au milieu se développent les pousses d’un Canna qui est commun alentour. Un Baobab relativement jeune est décortiqué à la base du tronc sur une longueur d’un mètre ; les fibres sont jetées au pied. On les laisse ainsi sécher quelque temps avant de les utiliser pour faire des cordages. Sur la partie décortiquée suinte une sorte de mucilage blanchâtre, gluant, ayant l’aspect de la résine, mais inodore.