Bama.
7 juin 1899. — Les terrains dénudés (plateaux ferrugineux et autres) se couvrent en ce moment d’une végétation abondante (Graminées et Cypéracées) mais courte et tenue. J’observe pour la première fois une petite Cypéracée à inflorescences blanches, haute de quelques millimètres.
Nous passons la Baoulé, une des branches de la Volta. Au bord il existe de très beaux arbres. Les bambous commencent à se couvrir de feuilles, qui sont en ce moment d’un beau vert. J’aperçois encore, fleuri, le Strophantus à fleurs pourpres. Le saba en fleurs (var. glabre) est commun. On trouve aussi maintenant, tout le long du chemin, de nombreuses enveloppes de fruits qui ont été mangés par les dioulas ; la route est en effet très fréquentée. J’ai rencontré une dizaine de petites caravanes d’ânes, de bœufs et d’esclaves, transportant des barres de sel vers Bobo.
Il existe dans les lougans quelques beaux rejets de coton. Ce sont d’anciennes touffes sur lesquelles il se développe en ce moment des repousses non encore en fleurs. Dans le village de Bama, j’ai vu de beaux plants de mil et de maïs déjà avancés, et un pied de ricin. Les sibis deviennent bien plus rares ; il n’y en a ici que quelques petits groupes. On ne trouve pas de baobabs dans le village mais de beaux doubalés et banans presque tous arbres fétiches, entourés de tessons, canaris et calebasses. A l’une des entrées du village, au bout de deux bâtons, une coquille est suspendue comme fétiche.
Les tirailleurs se plaignent de la mauvaise qualité du couscous, dont la sauce au lieu d’être faite avec du gon, est préparée avec du nanogo.