Fatakama.
C’est un gros village, en grande partie détruit. Les murs des cases sont en pierre et la maçonnerie en est grossière. Le village est situé sur une petite falaise rocailleuse au bord du lac. Durant la nuit, une petite tornade survient. Il ne pleut pas beaucoup, mais l’eau tombe davantage vers le Nord où nous passerons demain.
14 août. — Au sortir de Fatakama, et jusqu’à Alfao (18 kilomètres), nous marchons constamment dans le lit du Télé maintenant complètement à sec. Le fond en est sablonneux ; par places, un peu humide. C’est là qu’il y a de très belles plantations de coton, gros mil, petit mil, maïs. Dans les sables, on voit de petites coquilles nacrées, très communes aussi sur les bords du Faguibine. Le fond sablonneux du Télé est couvert de Talala (Ipomaea asarifolia Rœm. et Schult.) qui forment réellement le fond de la végétation ; leurs belles fleurs rouges émaillent tout le vallon. Sur les rochers qui forment des falaises pittoresques s’élèvent de très nombreuses touffes de berré et d’Acacia.
En arrivant à Alfao nous pénétrons sur les dunes sablonneuses assez élevées, semées de horré et de Salvadora. J’ai remarqué, sur la route, trois champignons fréquents qui ont du se développer après la pluie de la veille (une Agaricinée, une Lycoperdiacée, enfin le Podoxon Chevalieri qui est très abondant).