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Classiquesen Ligne

De Alfao à N’Bouna.

Nous marchons constamment dans les dunes sur une longueur de 28 kilomètres environ. Les dunes sont parfois coupées de masses rocheuses formées de grès rougeâtres à gros grains quartzeux et de sables micacés. Elles m’ont semblé contenir aussi de petites paillettes d’or ; toutefois, je n’oserais affirmer que ce ne sont pas des parcelles de mica plus vivement colorées qui m’ont fait croire à la présence de l’or. Les berrés croissent en abondance sur ces terrains ; leur odeur résineuse est assez pénétrante pour que l’un de nous en soit incommodé.

Partis à 4 heures du soir de Alfao, vers 9 heures 1/2, nous arrivons au bord du Faguibine, dans une vaste plaine de sable absolument nue. Rien n’y pousse. On entend de temps en temps les cris des chacals ; dans le lac croassent des grenouilles. Nos chevaux enfoncent parfois jusqu’au jarret dans ce sable sur lequel croît seulement après les pluies le Podoxon Chevalieri.

15 août.Arrivée à N’Bouna. — Tous les notables et le chef Baba viennent nous saluer. Des paillotes en nattes constituent ce village dont les rues sont spacieuses. A l’hivernage, le village est envahi par les eaux. Les habitants vont dans les dunes, plus loin, emportant leurs paillettes et reviennent ensuite. Les bords du Faguibine sont couverts de niébés, de mil, de cotonniers, d’indigotiers. Ces cultures forment au village même une étroite bordure qui a à peine 10 mètres de largeur. Vu de N’Bouna, l’aspect de ce grand lac, inondé de lumière, enveloppé de toutes parts par la ceinture éblouissante des sables, est vraiment imposant et grandiose. On aperçoit de là l’île de Taguilem avec son massif montueux élevé d’une trentaine de mètres. En face de nous se trouve une autre petite île plate, qui, ensemencée en riz, sera bientôt recouverte par les eaux. Le Faguibine nourrit de très beaux poissons. Il renferme aussi des caïmans, mais les indigènes affirment qu’ils sont tous de petite taille. De nombreux bancs d’oiseaux vivent constamment sur le rivage.