M’Bidgem.
On traverse le lac à hauteur de Tiaye. Sur la rive orientale s’étend un large gazon de Graminées desséchées et, par places, un gazon plus ras, plus verdoyant, formé de plantes maritimes. La partie où se trouve encore de l’eau peut avoir, entre Tiaye et M’Bidgem, environ 150 mètres de largeur. Il se trouve un gué où l’alcaty passe facilement avec son cheval sans se mouiller. Mais il existe une série de trois ou quatre ponts, partie en bois, partie en fer, construits par le gouvernement, qui permettent de passer facilement. L’eau du lac est trouble aux bords ; d’après le chef de M’Bidgem, elle n’est pas salée, elle est agitée. Le fond et les bords en sont vaseux, et la partie nouvellement exondée répand une odeur infecte. La vase, sur les bords, est recouverte de larges plaques noirâtres, dégageant une odeur putride. Ce sont probablement des colonies de bactéries. Cette vase est mêlée de débris de coquilles de mollusques. Dès que le pont est traversé, il faut franchir de petites dunes pour arriver au village. Le sable est mélangé d’une quantité prodigieuse de petites coquilles de Cerithium, de Cardium et d’une autre petite coquille bivalve, présentant des stries concentriques. Sur ces dunes, les kadas et les baobabs sont abondants, et cela tranche sur la végétation des cuvettes où les essences sont toutes différentes. Les maisons du village sont des cases rondes toutes en paille, grossièrement construites. Tout près se trouve la maison de l’ancien poste en briques, recouvert de chaux ; toutes les ouvertures sont brisées par le vent, le crépissage tombe en ruines. La maçonnerie et les planchers sont solides. Le séjour est agréable pour l’européen de passage. On a une vue splendide sur le lac, s’étendant jusqu’aux dunes de la mer.