Rufisque.
C’est une ville bien européenne. On y remarque de belles avenues plantées de dobs et du faux dob à pétioles non écailleux, déjà vus dans les Niayes. Dans la ville et près de l’ancien fort, servant aujourd’hui de magasin aux fourrages, situé à l’opposé de la ville, on trouve encore quelques plantes maritimes. J’ai fait une promenade sur la plage, du côté de Dakar. Il faut franchir environ 2 ou 3 kilomètres pour sortir de la ville et de ses abords sans pouvoir longer la grève, celle-ci étant encombrée de constructions et de cases indigènes. Il y a, çà et là, du côté de la terre, de grandes fondrières qui doivent communiquer avec la mer aux hautes marées et sont remplies de plantes littorales sur les bords ; l’intérieur sablo-vaseux est couvert de débris de coquilles, d’os de seiches, de morceaux de poissons secs, de squelettes de crabes. Sur les bords de l’un de ces marais salants, se trouve un arbuste à fleurs en grappes. La petite plante salée de M’Bidjem est très commune. Quelques Salicornia se trouvent, çà et là, dans les endroits vaseux où la vase n’est pas encore desséchée. Je remarque aussi Ipomæa asarifolia Roem. et Schult. var. littoralis à feuilles épaisses ; la plante très longuement rampante des environs de la mer ; le Centaurea épineux des dunes de Tiasoye Kan ; un Lactuca à racine profondément pivotante, une Liliacée (?) à bulbe près de fleurir et portant ses feuilles desséchées. Au bord d’un fossé assez profond, asséché, j’aperçois un Celastrus, le Balsamodendron africanum Arn. (chétif) et un arbuste à port de Ficus de France, dont les feuilles sont tombées. Le Convolvulus à feuilles laciniées et à segments étroits, existe là aussi. Je remarque encore en grande quantité la liane subépineuse coupée à Thiès. On aperçoit en mer, à quelques centaines de mètres, deux rochers noirâtres très découpés. Les galets qu’on trouve sur la plage sont très variables : il y a des quartz, des grès, des conglomérats ferrugineux, une roche blanchâtre tendre (calcaire), ordinairement percée de pholades. On trouve, en outre, une roche noire très dure, ressemblant à de la diabase. Elle paraît former un filon qui vient se terminer dans la mer ; il se continue sur terre où on peut le suivre par des boulards qui jalonnent le sol suivant une certaine ligne. La plage est entièrement sablonneuse avec des falaises, par endroits, véritables monticules de coquilles en fragments ; ils sont parfois cimentés et forment une roche qui se débite en plaques et est rejetée ainsi à la côte ; on trouve aussi une roche analogue mais formée de débris de madrépores. Les coquilles de mollusques sont nombreuses ; elles sont rejetées vides à la côte, sauf trois petites, qui vivent dans le sable ; une sorte de flion, une espèce de petit Mytilus et une coquille de gastéropode noirâtre.