René Boylesve (1867-1926), romancier tourangeau, se distingue par une œuvre d'une grande finesse psychologique consacrée à la peinture de la province française et de son atmosphère provinciale feutrée, souvent construite autour de figures féminines observées avec une empathie et une acuité remarquables. La Becquée et Mademoiselle Cloque, qui retracent une enfance provinciale marquée par les rivalités familiales et les non-dits sociaux, comptent parmi ses romans les plus admirés pour la précision de leur observation psychologique et sociale. Élu à l'Académie française en 1918, Boylesve développe un style classique et mesuré, à contre-courant des avant-gardes de son temps, qui privilégie l'exactitude du détail et la retenue du ton à tout effet spectaculaire. René Boylesve reste une figure representative du roman provincial français de la Belle Époque, dans la lignée de Fromentin et annonçant par certains aspects Mauriac.