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Honoré de Balzac
Le Curé de village
MDCCCXLI
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Wikisource
XIXe siècle · 1841

Le Curé de village

1841Roman Français Roman

Le Curé de village (1841), roman de La Comédie humaine qui appartient au cycle des « Scènes de la vie de campagne », raconte l'histoire de Véronique Graslin, épouse d'un riche banquier de Limoges mariée sans amour par convenance familiale, dont la liaison adultère secrète avec un jeune ouvrier ambitieux, Jean-François Tascheron, se termine tragiquement lorsque celui-ci commet un meurtre crapuleux par désespoir financier et se retrouve condamné à mort et exécuté, plongeant Véronique dans une culpabilité et un remords si profonds qu'elle consacre le reste de sa vie à une œuvre de rédemption charitable exceptionnelle sous la conduite spirituelle du curé de campagne Bonnet. Balzac y développe une œuvre de rédemption et d'expiation d'une ampleur remarquable, Véronique employant sa fortune considérable et le reste de son existence à transformer une région rurale pauvre et aride en une terre prospère grâce à d'immenses travaux d'irrigation et d'aménagement agricole entrepris par pure charité expiatoire, sous l'influence morale et spirituelle constante du curé Bonnet qui l'accompagne dans cette entreprise de rachat et ne révèle qu'à sa mort, dans une confession publique bouleversante, la vérité entière sur son adultère et sa responsabilité indirecte dans le crime de son amant exécuté. Ce roman, qui mêle intrigue passionnelle initiale et vaste fresque de rédemption sociale et spirituelle ultérieure à travers l'œuvre philanthropique considérable de Véronique, illustre la dimension morale et religieuse parfois sous-estimée de l'œuvre balzacienne, généralement plus connue pour sa peinture cynique des ambitions sociales et financières. Par sa fresque de rédemption expiatoire et sa dimension spirituelle affirmée, Le Curé de village occupe une place particulière et originale au sein de La Comédie humaine. Ce roman, dont la seconde partie consacrée à l'œuvre agricole et philanthropique de Véronique Graslin s'inspire des propres réflexions économiques et sociales de Balzac sur le développement rural français, illustre une dimension moralisatrice et réformatrice de son œuvre trop souvent éclipsée par la peinture plus célèbre de ses ambitieux et de ses arrivistes parisiens.