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Classiquesen Ligne
Gustave Flaubert
Dictionnaire des idées reçues
MCMXI
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Project Gutenberg
XXe siècle · 1911

Dictionnaire des idées reçues

1911Classique Français ClassiqueRéalisme
Société

Sous forme d'un millier de définitions ironiques, classées par ordre alphabétique de noms communs ou de noms propres, Flaubert y consigne méthodiquement les clichés, les poncifs et les opinions toutes faites de la bourgeoisie française de son temps — sur l'hygiène, la pudeur, l'art ou la politique. Resté inachevé et publié seulement après sa mort en 1913, ce texte que Flaubert songeait peut-être à joindre à Bouvard et Pécuchet visait, selon ses propres mots, à ce qu'on n'ose plus parler de peur de répéter naturellement l'une de ces phrases toutes faites. Flaubert travaille à ce texte par intermittence pendant près de trente ans, en accumulant les formules toutes faites entendues dans les salons et les journaux de son temps, projet qu'il envisage un temps de publier en annexe de Bouvard et Pécuchet, son dernier roman resté lui-même inachevé à sa mort en 1880 ; le Dictionnaire ne paraît finalement séparément qu'en 1913, plus de trente ans après la disparition de son auteur. Flaubert envisageait ce recueil comme une arme redoutable contre la bêtise bourgeoise de son temps, projet ambitieux qu'il résume lui-même dans sa correspondance en expliquant vouloir composer un ouvrage tel que ses lecteurs n'oseraient plus jamais parler de peur de prononcer naturellement l'une des phrases toutes faites qu'il y recense. Composé sur près de trente années par petites touches successives, au fil des lectures et des conversations mondaines que Flaubert observait avec un mélange de fascination et d'exaspération, ce texte reste aujourd'hui l'un des exemples les plus aboutis de satire lexicographique de toute la littérature française. Ce texte continue aujourd'hui d'être cité et étudié comme un modèle indépassable de satire des idées convenues, sa forme lexicographique ironique ayant inspiré de nombreux imitateurs bien après la mort de Flaubert. Sa forme fragmentaire le rend aujourd'hui encore étonnamment facile à picorer par petites entrées successives.