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Classiquesen Ligne
Charles Baudelaire
Les Fleurs du Mal
MDCCCLVII
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Project Gutenberg
XIXe siècle · 1857

Les Fleurs du Mal

1857Poésie Français PoésieSymbolisme
Mort

Les Fleurs du mal (1857, édition définitive 1861) est l'unique recueil de poésie achevé publié du vivant de Charles Baudelaire, organisé en sections thématiques, Spleen et Idéal, Tableaux parisiens, Le Vin, Fleurs du mal, Révolte et La Mort, qui composent ensemble une traversée poétique de la condition humaine tiraillée entre l'aspiration vers un idéal de beauté et de transcendance et l'attirance vertigineuse vers le mal, la déchéance et l'ennui existentiel que Baudelaire nomme le « spleen ». Le recueil, condamné dès sa parution pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs, six poèmes jugés obscènes ou blasphématoires étant retirés sur ordre judiciaire, choque profondément la société de son temps par sa manière radicalement nouvelle de trouver la beauté poétique dans des sujets jusque-là jugés indignes de la poésie, la charogne en décomposition, la prostitution, l'alcoolisme ou la mélancolie la plus noire, selon le principe fondateur baudelairien de « tirer la beauté du mal ». Baudelaire y développe également, notamment dans le célèbre sonnet Correspondances, une théorie poétique des correspondances entre les sensations, les couleurs, les parfums et les sons, qui influencera directement l'esthétique symboliste ultérieure, tandis que ses poèmes sur Paris moderne, ses foules anonymes et ses figures marginales inventent véritablement la poésie urbaine moderne. Considéré comme l'un des recueils les plus influents de toute l'histoire de la poésie française, Les Fleurs du mal a ouvert la voie à l'ensemble de la poésie moderne, du symbolisme au surréalisme. Le procès intenté à Baudelaire et à son éditeur s'ouvre le 20 août 1857 pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ; six poèmes jugés obscènes, dont Les Bijoux et Lesbos, sont retirés du recueil sur décision de justice et n'y seront réintégrés qu'après la mort du poète. Ces poèmes censurés ne seront officiellement réintégrés dans les éditions françaises qu'en 1949, plus de quatre-vingts ans après leur retrait.