Pensées pour moi-même, recueil de réflexions philosophiques personnelles que l'empereur romain Marc Aurèle rédige en grec, langue de la philosophie savante de son temps, durant ses campagnes militaires aux frontières danubiennes de l'Empire dans les dernières années de sa vie, sans jamais destiner ces notes intimes à la publication, journal spirituel stoïcien d'une sincérité et d'une profondeur morale exceptionnelles rédigé par l'un des hommes les plus puissants du monde antique pour son seul usage personnel de discipline intérieure. Marc Aurèle y développe, fidèle aux principes de la philosophie stoïcienne qu'il pratique avec une rigueur exemplaire malgré les charges écrasantes du pouvoir impérial, une méditation constante sur l'acceptation sereine du destin, la fraternité universelle de tous les hommes en tant que membres d'une même communauté rationnelle cosmique, le détachement nécessaire à l'égard des richesses, des honneurs et de la gloire qui ne sont que vanité passagère, et la préparation philosophique constante à la mort qu'il convient d'accueillir sans trouble ni crainte comme un simple retour naturel à l'ordre cosmique universel. Ce texte, dont le caractère profondément intime et non destiné à la publication confère une authenticité et une sincérité morale rares pour un texte philosophique antique, offre le témoignage exceptionnel d'un homme confronté quotidiennement aux pires tentations du pouvoir absolu qui s'efforce inlassablement, par la seule discipline philosophique personnelle, de rester juste, modéré et bienveillant envers tous, sans qu'aucun public ni aucune postérité ne vienne récompenser cet effort moral strictement intérieur. Par le témoignage exceptionnel et sincère d'un empereur philosophe pratiquant le stoïcisme au cœur même du pouvoir absolu, Pensées pour moi-même demeure l'un des textes de sagesse antique les plus universellement lus et admirés à travers les siècles. Ce texte, rédigé en grec par un empereur dont la langue maternelle était pourtant le latin, témoigne du prestige intellectuel persistant de la philosophie hellénistique dans l'élite romaine de son époque, et sera redécouvert et abondamment commenté à la Renaissance puis au XVIIe siècle comme l'un des sommets de la sagesse stoïcienne antique.