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Classiquesen Ligne
Arthur Rimbaud
Une saison en enfer
MDCCCLXXIII
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Project Gutenberg
XIXe siècle · 1873

Une saison en enfer

1873Poésie Français PoésieSymbolisme
Mort

Une Saison en enfer (1873), unique livre publié du vivant de Rimbaud, alors âgé de dix-neuf ans seulement, est un texte bref et brûlant en prose poétique où le poète fait le bilan tourmenté de sa propre crise spirituelle et existentielle, revenant sur sa liaison orageuse et destructrice avec Paul Verlaine, évoquée à mots à peine voilés dans la section « Délires » sous le nom de « l'époux infernal », ainsi que sur sa quête effrénée d'un dérèglement systématique de tous les sens censé ouvrir l'accès à une voyance poétique supérieure. Rimbaud y retrace, dans une prose fragmentée d'une intensité incandescente mêlant confession intime, blasphème et vision hallucinée, son propre parcours de révolte contre l'héritage chrétien et occidental qu'il incarne malgré lui, sa fascination puis son rejet de la magie et de l'alchimie verbale qu'il avait érigées en programme poétique, jusqu'à une forme d'adieu douloureux à la littérature elle-même qu'il semble déjà pressentir dans ce texte écrit à peine deux ans avant son renoncement définitif à toute écriture. Rédigé et imprimé à compte d'auteur dans l'urgence d'une crise personnelle aiguë consécutive à la rupture violente avec Verlaine, ce texte reste longtemps méconnu du vivant même de Rimbaud avant d'être redécouvert et célébré comme l'un des sommets de la poésie en prose moderne. Par son intensité autobiographique et sa modernité formelle radicale, Une Saison en enfer demeure l'un des textes les plus habités et les plus étudiés de toute la littérature française. Imprimé à compte d'auteur à cinq cents exemplaires par l'Alliance typographique de Bruxelles en octobre 1873, l'ouvrage ne voit Rimbaud n'en retirer qu'une dizaine d'exemplaires, la facture de l'imprimeur restant impayée ; les quatre cent vingt-cinq exemplaires oubliés dans les réserves de l'atelier ne sont redécouverts par le bibliophile belge Léon Losseau qu'en 1901, anéantissant la légende selon laquelle Rimbaud aurait lui-même fait détruire la quasi-totalité du tirage.