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Gérard de Nerval
Aurélia
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Source : Wikisource
XIXe siècle · 1855

Aurélia

1855Nouvelle Français Romantisme NouvellesRomantisme

Aurélia (1855, posthume), texte ultime et resté inachevé de Gérard de Nerval publié seulement après sa mort mystérieuse, retrace sous forme de récit halluciné et fragmentaire les crises de folie que l'auteur a lui-même traversées dans les dernières années de sa vie, brouillant délibérément et de manière troublante la frontière entre témoignage clinique sincère sur sa propre pathologie psychique et création littéraire visionnaire, Nerval y explorant ses propres visions délirantes, ses hallucinations et ses hantises obsessionnelles autour du souvenir d'une femme aimée et perdue, Aurélia, dont l'identité réelle reste elle-même ambiguë entre figure biographique précise et projection purement symbolique et onirique du désir et du deuil. Nerval y développe une prose d'une intensité visionnaire exceptionnelle, décrivant avec une précision quasi clinique et pourtant profondément poétique les mécanismes de sa propre folie, entre sentiment de damnation métaphysique, quête mystique éperdue de rédemption spirituelle à travers diverses traditions religieuses et ésotériques convoquées simultanément, et tentative désespérée de donner un sens cohérent à des visions et des associations d'idées qui échappent absolument à toute logique rationnelle ordinaire. Ce texte ultime, rédigé dans les tout derniers mois précédant la mort mystérieuse de Nerval retrouvé pendu dans des circonstances qui restent à ce jour incertaines entre suicide et accident, offre un témoignage littéraire exceptionnel et précurseur sur l'expérience intérieure de la folie, resté longtemps une référence pour la psychiatrie autant que pour la littérature en raison de sa description sincère et documentée d'un vécu psychotique de l'intérieur. Par sa description visionnaire et sincère de la folie vécue de l'intérieur, Aurélia demeure l'un des textes les plus bouleversants et les plus précurseurs de toute la littérature française sur la maladie mentale. Ce texte ultime, retrouvé inachevé dans les poches du manteau de Nerval au moment de sa mort mystérieuse, sera longtemps lu comme un document clinique presque autant que littéraire, avant que la critique du XXe siècle n'y reconnaisse pleinement une œuvre visionnaire à part entière, annonçant certaines explorations surréalistes ultérieures de l'inconscient et du rêve.