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Bajazet (éditions Didot, 1854)Scène première.

Bajazet (éditions Didot, 1854)
Chapitre 25 / 35

Scène première.

ATALIDE.

Hélas ! je cherche en vain ; rien ne s’offre à ma vue.
Malheureuse ! comment puis-je l’avoir perdue ?
Ciel, aurais-tu permis que mon funeste amour
Exposât mon amant tant de fois en un jour ?
Que, pour dernier malheur, cette lettre fatale
Fût encor parvenue aux yeux de ma rivale ?
J’étais en ce lieu même, et ma timide main,
Quand Roxane a paru, l’a cachée en mon sein.
Sa présence a surpris mon âme désolée ;
Ses menaces, sa voix, un ordre m’a troublée :
J’ai senti défaillir ma force et mes esprits ;
Ses femmes m’entouraient quand je les ai repris ;
À mes yeux étonnés leur troupe est disparue.
Ah ! trop cruelles mains, qui m’avez secourue,
Vous m’avez vendu cher vos secours inhumains ;
Et par vous cette lettre a passé dans ses mains !
Quels desseins maintenant occupent sa pensée ?
Sur qui sera d’abord sa vengeance exercée ?
Quel sang pourra suffire à son ressentiment ?
Ah ! Bajazet est mort, ou meurt en ce moment.
Cependant on m’arrête, on me tient enfermée…
On ouvre ; de son sort je vais être informée.