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Charles Baudelaire
Curiosités esthétiques
MDCCCLXVIII
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Source : Wikisource
XIXe siècle · 1868

Curiosités esthétiques

1868Essai Français EssaiSymbolisme
Société

Curiosités esthétiques (1868, posthume) rassemble les principaux écrits de critique d'art que Baudelaire a consacrés tout au long de sa carrière aux Salons de peinture parisiens et aux artistes de son temps, révélant un critique d'art d'une perspicacité et d'une modernité de jugement exceptionnelles, qui sut reconnaître et défendre avec ferveur des artistes alors contestés ou incompris comme Eugène Delacroix, dont il admire la fougue romantique et la couleur, ou plus tard Constantin Guys, dessinateur de la vie parisienne moderne auquel Baudelaire consacre son essai fondateur Le Peintre de la vie moderne. Baudelaire y développe une véritable philosophie esthétique de la modernité, affirmant que chaque époque possède sa propre beauté contemporaine qu'il appartient à l'artiste de saisir dans le fugitif, le transitoire et le contingent de son temps plutôt que de se réfugier dans l'imitation stérile des beautés antiques ou classiques déjà consacrées par la tradition académique. Cette conception de l'art comme saisie du présent le plus immédiat et le plus éphémère, plutôt que comme quête d'un idéal intemporel et abstrait, fait de Baudelaire l'un des tout premiers théoriciens de la modernité artistique au sens où l'entendra ensuite tout l'art moderne, de l'impressionnisme aux avant-gardes du XXe siècle. Par la profondeur de son analyse et la qualité de sa prose critique, ce recueil reste une référence essentielle pour comprendre à la fois la peinture du XIXe siècle et la propre esthétique poétique de Baudelaire lui-même. Le recueil, dont le titre définitif n'est fixé qu'en 1857 après avoir porté successivement les intitulés provisoires de Bric-à-brac esthétique puis Le Cabinet esthétique, rassemble notamment les comptes rendus des Salons de peinture de 1845, 1846 et 1859, et n'est publié qu'à titre posthume en 1868 grâce au travail d'édition mené par les amis de Baudelaire, Charles Asselineau, Théodore de Banville et Théophile Gautier. Ce travail éditorial posthume, mené avec un soin particulier par des amis proches de l'écrivain, contribue directement à établir la réputation durable de Baudelaire comme critique d'art aussi important que comme poète.