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La mort de César: TragédieCESAR assis .

La mort de César: Tragédie
Chapitre 12 / 70

CESAR assis.

Venez, dignes soutiens de la grandeur Romaine,

Compagnons de Cesar. Approchez, Cassius

Cimber, Cinna, Décime, & toi mon cher Brutus.

Enfin voici le tems, si le Ciel me seconde,

Où je vais achever la conquête du Monde,

Et voir dans l'Orient le Trône de Cyrus

Satisfaire, en tombant, aux mânes de Crassus.

Il est tems d'ajoûter, par le droit de la guerre,

Ce qui manque aux Romains des trois parts de la Terre.

Tout est prêt, tout prévû pour ce vaste dessein:

L'Euphrate attend Cesar, & je pars dès demain.

Brutus & Cassius me suivront en Asie:

Antoine retiendra la Gaule & l'Italie.

De la Mer Atlantique, & des bords du Bétis,

Cimber gouvernera les Rois assujettis.

Je donne à Décimus la Grèce & la Lycie,

A Marcellus le Pont, à Casca la Syrie.

Ayant ainsi réglé le sort des Nations,

Et laissant Rome heureuse & sans divisions,

Il ne reste au Sénat, qu'à juger sous quel titre

De Rome & des humains je dois être l'arbitre.

Sylla fut honoré du nom de Dictateur,

Marius fut Consul, & Pompée Empereur.

J'ai vaincu le dernier; & c'est assez vous dire,

Qu'il faut un nouveau nom pour un nouvel Empire;

Un nom plus grand, plus saint, moins sujet aux revers,

Autrefois craint dans Rome, & cher à l'Univers.

Un bruit trop confirmé se répand sur la Terre,

Qu'en vain Rome aux Persans ose faire la guerre;

Qu'un Roi seul peut les vaincre & leur donner la loi:

Cesar va l'entreprendre, & Cesar n'est pas Roi.

Il n'est qu'un Citoyen fameux pour ses services,

Qui peut du peuple encor essuyer les caprices...

Romains, vous m'entendez, vous savez mon espoir,

Songez à mes bienfaits, songez à mon pouvoir.