Alphonse Daudet (1840-1897), né à Nîmes dans une famille de soyeux ruinée par la crise du textile, connaît une enfance et une adolescence difficiles qu'il transpose directement dans Le Petit Chose, avant de monter à Paris où il se lie avec Flaubert, Zola et les Goncourt au sein du groupe naturaliste, tout en conservant un style et une sensibilité plus personnels, empreints d'une tendresse méridionale et d'une ironie douce qui le distinguent de la noirceur zolienne. Lettres de mon moulin, prétendument écrites depuis un moulin provençal qu'il n'habita en réalité que fort peu, et Tartarin de Tarascon, portrait truculent d'un fanfaron méridional inoffensif, fixent durablement dans l'imaginaire collectif une image ensoleillée et pittoresque de la Provence. Rongé dès la trentaine par une syphilis contractée dans sa jeunesse qui le fera terriblement souffrir jusqu'à sa mort, Daudet consigne ces souffrances physiques dans La Doulou, texte publié seulement après sa mort. Romancier populaire autant qu'estimé de ses pairs, il reste l'un des écrivains français les plus lus de la fin du XIXe siècle pour son mélange unique de réalisme social et de tendresse méridionale.