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Classiquesen Ligne
GA
18801918

Guillaume Apollinaire

Né Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary Kostrowicki en 1880 à Rome d'une mère polonaise d'origine aristocratique et d'un père resté inconnu, Guillaume Apollinaire, nom qu'il adopte pour sa carrière littéraire, grandit dans une enfance itinérante à travers la Riviera franco-italienne avant de s'installer définitivement à Paris où il devient l'une des figures centrales de l'avant-garde artistique du début du XXe siècle, ami intime des peintres Picasso et Marie Laurencin, dont il partage plusieurs années une liaison amoureuse passionnée qui inspirera certains de ses poèmes les plus célèbres. Poète d'une modernité formelle audacieuse, Apollinaire publie en 1913 Alcools, recueil qui rompt délibérément avec la ponctuation traditionnelle, supprimée d'un geste résolument moderniste juste avant l'impression, et mêle librement souvenirs autobiographiques, mélancolie amoureuse et célébration de la modernité urbaine et technique, notamment dans le poème Zone qui ouvre le recueil sur une évocation fulgurante du Paris contemporain. Défenseur précoce et enthousiaste du cubisme naissant, dont il rédige l'un des premiers essais théoriques majeurs, Méditations esthétiques : les peintres cubistes, Apollinaire invente également le terme de « surréalisme » quelques années avant que le mouvement éponyme ne s'organise formellement autour d'André Breton, ainsi que celui d'« esprit nouveau » pour désigner les audaces esthétiques de son époque, et compose des Calligrammes, poèmes visuels dont la disposition typographique sur la page dessine elle-même l'objet ou l'idée évoqués par le texte. Engagé volontaire dans l'armée française dès le début de la Première Guerre mondiale par patriotisme, bien que naturalisé français seulement depuis peu, Apollinaire est grièvement blessé à la tête par un éclat d'obus en 1916, blessure dont il ne se remet jamais complètement et qui l'affaiblit durablement. Mort en 1918 de la grippe espagnole quelques jours à peine avant l'armistice, alors que Paris fêtait déjà la victoire dans les rues, Guillaume Apollinaire laisse une œuvre poétique charnière entre les héritages symbolistes du XIXe siècle et les avant-gardes qui domineront la poésie du XXe siècle.