Scène VIII.
AGAMEMNON, EURYBATE, gardes.
EURYBATE.
Holà ! gardes, à moi ! Seigneur.
AGAMEMNON.
Holà ! gardes, à moi ! Seigneur. Que vais-je faire ?
Puis-je leur prononcer cet ordre sanguinaire ?
Cruel ! à quel combat faut-il te préparer !
Quel est cet ennemi que tu leur vas livrer ?
Une mère m’attend ; une mère intrépide,
Qui défendra son sang contre un père homicide :
Je verrai mes soldats, moins barbares que moi,
Respecter dans ses bras la fille de leur roi.
Achille nous menace, Achille nous méprise !
Mais ma fille en est-elle à mes lois moins soumise.
Ma fille, de l’autel cherchant à s’échapper,
Gémit-elle du coup dont je la veux frapper ?
Que dis-je ? Que prétend mon sacrilége zèle ?
Quels vœux en l’immolant formerai-je sur elle ?
Quelques prix glorieux qui me soient proposés,
Quels lauriers me plairont, de son sang arrosés ?
Je veux fléchir des dieux la puissance suprême :
Ah ! quels dieux me seraient plus cruels que moi-même ?
Non, je ne puis. Cédons au sang, à l’amitié,
Et ne rougissons plus d’une juste pitié :
Qu’elle vive. Mais quoi ! peu jaloux de ma gloire,
Dois-je au superbe Achille accorder la victoire ?
Son téméraire orgueil, que je vais redoubler,
Croira que je lui cède et qu’il me fait trembler…
De quel frivole soin mon esprit s’embarrasse !
Ne puis-je pas d’Achille humilier l’audace ?
Que ma fille à ses yeux soit un sujet d’ennui :
Il l’aime, elle vivra pour un autre que lui.
Eurybate, appelez la princesse, la reine :
Qu’elles ne craignent point.
Scène VIII.
AGAMEMNON, EURYBATE, gardes.
EURYBATE.
Holà ! gardes, à moi ! Seigneur.
AGAMEMNON.
Holà ! gardes, à moi ! Seigneur. Que vais-je faire ?
Puis-je leur prononcer cet ordre sanguinaire ?
Cruel ! à quel combat faut-il te préparer !
Quel est cet ennemi que tu leur vas livrer ?
Une mère m’attend ; une mère intrépide,
Qui défendra son sang contre un père homicide :
Je verrai mes soldats, moins barbares que moi,
Respecter dans ses bras la fille de leur roi.
Achille nous menace, Achille nous méprise !
Mais ma fille en est-elle à mes lois moins soumise.
Ma fille, de l’autel cherchant à s’échapper,
Gémit-elle du coup dont je la veux frapper ?
Que dis-je ? Que prétend mon sacrilége zèle ?
Quels vœux en l’immolant formerai-je sur elle ?
Quelques prix glorieux qui me soient proposés,
Quels lauriers me plairont, de son sang arrosés ?
Je veux fléchir des dieux la puissance suprême :
Ah ! quels dieux me seraient plus cruels que moi-même ?
Non, je ne puis. Cédons au sang, à l’amitié,
Et ne rougissons plus d’une juste pitié :
Qu’elle vive. Mais quoi ! peu jaloux de ma gloire,
Dois-je au superbe Achille accorder la victoire ?
Son téméraire orgueil, que je vais redoubler,
Croira que je lui cède et qu’il me fait trembler…
De quel frivole soin mon esprit s’embarrasse !
Ne puis-je pas d’Achille humilier l’audace ?
Que ma fille à ses yeux soit un sujet d’ennui :
Il l’aime, elle vivra pour un autre que lui.
Eurybate, appelez la princesse, la reine :
Qu’elles ne craignent point.