Sganarelle, cinquante-trois ans et fortuné, hésite à épouser la jeune et séduisante Dorimène de peur d'être trompé — et consulte tour à tour deux philosophes rivaux et deux bohémiennes diseuses de bonne aventure, dont les réponses contradictoires ne font qu'accroître sa perplexité. Ayant surpris Dorimène avouer à son amant qu'elle ne se marie que pour l'argent, Sganarelle veut reculer, mais le frère de la belle le roue de coups jusqu'à ce qu'il accepte ce mariage devenu, comme l'annonce le titre, bel et bien forcé. Comédie-ballet créée en 1664 avec une musique de Lully. Créée le 29 janvier 1664 au Louvre devant la cour, avec une musique de Jean-Baptiste Lully et des entrées de ballet réglées par Beauchamp, cette comédie-ballet en un acte s'inscrit dans la collaboration fructueuse entre Molière et le compositeur florentin, alors au service du roi, qui donnera naissance à plusieurs autres spectacles hybrides mêlant théâtre, musique et danse durant cette période faste du règne de Louis XIV. Deux représentations ont lieu au Louvre devant la cour, dans l'appartement bas de la reine mère, avant deux autres données au Palais-Royal chez Madame, le roi Louis XIV lui-même participant au ballet dans le rôle d'un Égyptien, signe de l'importance accordée à ce spectacle dans la vie de cour du tout début du règne personnel du Roi-Soleil. Cette collaboration entre Molière, Lully et le maître de ballet Pierre Beauchamp illustre la genèse du genre de la comédie-ballet, forme hybride mêlant théâtre parlé, musique et danse que Molière développera ensuite dans plusieurs autres spectacles de cour avant la rupture ultérieure de sa collaboration avec Lully. Cette courte pièce, souvent éclipsée par les grandes comédies de caractère de Molière, reste appréciée pour son efficacité comique et son rythme enlevé, hérité directement de la tradition de la farce qu'il ne cesse de retravailler tout au long de sa carrière.