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Les Fausses ConfidencesScène VI

Les Fausses Confidences
Chapitre 7 / 48

Scène VI

ARAMINTE, MARTON.
Araminte.

Marton, quel est donc cet homme qui vient de me saluer si gracieusement, et qui passe sur la terrasse ? Est-ce à vous qu’il en veut ?

Marton.

Non, madame ; c’est à vous-même.

Araminte, d’un air assez vif.

Eh bien, qu’on le fasse venir ; pourquoi s’en va-t-il ?

Marton.

C’est qu’il a souhaité que je vous parlasse auparavant. C’est le neveu de M. Remy, celui qu’il vous a proposé pour homme d’affaires.

Araminte.

Ah ! c’est là lui ! Il a vraiment très bonne façon.

Marton.

Il est généralement estimé ; je le sais.

Araminte.

Je n’ai point de peine à le croire ; il a tout l’air de le mériter. Mais, Marton, il a si bonne mine pour un intendant, que je me fais quelque scrupule de le prendre ; n’en dira-t-on rien ?

Marton.

Et que voulez-vous qu’on dise ? Est-on obligé de n’avoir que des intendants mal faits ?

Araminte.

Tu as raison. Dis-lui qu’il revienne. Il n’était pas nécessaire de me préparer à le recevoir. Dès que c’est M. Remy qui me le donne, c’en est assez ; je le prends.

Marton, comme s’en allant.

Vous ne sauriez mieux choisir. (Puis revenant.) Êtes-vous convenue du parti que vous lui faites ? M. Remy m’a chargée de vous en parler.

Araminte.

Cela est inutile. Il n’y aura point de dispute là-dessus. Dès que c’est un honnête homme, il aura lieu d’être content. Appelez-le.

Marton, hésitant de partir.

On lui laissera ce petit appartement qui donne sur le jardin, n’est-ce pas ?

Araminte.

Oui, comme il voudra ; qu’il vienne.

(Marton va dans la coulisse.)