Les Fausses Confidences — Scène XI
Scène XI
ARAMINTE, MARTON, ARLEQUIN.
Araminte.
Que veux-tu ?
Arlequin, pleurant et sanglotant.
J’aurais bien de la peine à vous le dire ; car je suis dans une détresse qui me coupe entièrement la parole à cause de la trahison que mademoiselle Marton m’a faite. Ah ! quelle ingrate perfidie !
Marton.
Laisse là ta perfidie et nous dis ce que tu veux.
Arlequin.
Ah ! cette pauvre lettre ! Quelle escroquerie !
Araminte.
Dis donc ?
Arlequin.
Monsieur Dorante vous demande à genoux qu’il vienne ici vous rendre compte des paperasses qu’il a eues dans les mains depuis qu’il est ici. Il m’attend à la porte où il pleure.
Marton.
Dis-lui qu’il vienne.
Arlequin.
Le voulez-vous, madame ? car je ne me fie pas à elle. Quand on m’a une fois affronté, je n’en reviens point.
Marton, d’un air triste et attendri.
Parlez-lui, madame ; je vous laisse.
Arlequin, quand Marton est partie.
Vous ne me répondez point, madame ?
Araminte.
Il peut venir.