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Les Fausses ConfidencesScène III

Les Fausses Confidences
Chapitre 38 / 48

Scène III

MARTON, DUBOIS, ARLEQUIN.
Arlequin, voyant Dubois.

Ah ! te voilà donc, mal bâti ?

Dubois.

Tenez ; n’est-ce pas là une belle figure pour se moquer de la mienne ?

Marton.

Que veux-tu, Arlequin ?

Arlequin.

Ne sauriez-vous pas où demeure la rue du Figuier, mademoiselle ?

Marton.

Oui.

Arlequin.

C’est que mon camarade, que je sers, m’a dit de porter cette lettre à quelqu’un qui est dans cette rue, et comme je ne la sais pas, il m’a dit que je m’en informasse à vous ou à cet animal-là ; mais cet animal-là ne mérite pas que je lui en parle, sinon pour l’injurier. J’aimerais mieux que le diable eût emporté toutes les rues, que d’en savoir une par le moyen d’un malotru comme lui.

Dubois, à Marton, à part.

Prenez la lettre. (Haut.) Non, non, mademoiselle, ne lui enseignez rien ; qu’il galope.

Arlequin.

Veux-tu te taire ?

Marton, négligemment.

Ne l’interrompez donc point, Dubois. Eh bien, veux-tu me donner ta lettre ? Je vais envoyer dans ce quartier-là, et on la rendra à son adresse.

Arlequin.

Ah ! voilà qui est bien agréable. Vous êtes une fille de bonne amitié, mademoiselle.

Dubois, s’en allant.

Vous êtes bien bonne d’épargner de la peine à ce fainéant-là !

Arlequin.

Ce malhonnête ! Va, va trouver le tableau, pour voir comme il se moque de toi.

Marton, seule avec Arlequin.

Ne lui réponds rien ; donne ta lettre.

Arlequin.

Tenez, mademoiselle ; vous me rendez un service qui me fait grand bien. Quand il y aura à trotter pour votre serviable personne, n’ayez point d’autre postillon que moi.

Marton.

Elle sera rendue exactement.

Arlequin.

Oui, je vous recommande l’exactitude à cause de monsieur Dorante, qui mérite toutes sortes de fidélités.

Marton, à part.

L’indigne !

Arlequin, s’en allant.

Je suis votre serviteur éternel.

Marton.

Adieu.

Arlequin, revenant.

Si vous le rencontrez, ne lui dites point qu’un autre galope à ma place. (Il sort.)