Les Fausses Confidences — Scène VIII
Scène VIII
MARTON, DORANTE.
Marton, un moment seule et joyeuse.
Ce ne peut être que mon portrait. Le charmant homme ! M. Remy avait raison de dire qu’il y avait quelque temps qu’il me connaissait.
Dorante.
Mademoiselle, n’avez-vous pas vu ici quelqu’un qui vient d’arriver ? Arlequin croit que c’est moi qu’il demande.
Marton, le regardant avec tendresse.
Que vous êtes aimable, Dorante ! je serais bien injuste de ne pas vous aimer. Allez, soyez en repos ; l’ouvrier est venu, je lui ai parlé, j’ai la boîte, je la tiens.
Dorante.
J’ignore…
Marton.
Point de mystère ; je la tiens, vous dis-je, et je ne m’en fâche pas. Je vous la rendrai quand je l’aurai vue. Retirez-vous ; voici madame avec sa mère et le comte : c’est peut-être de cela qu’ils s’entretiennent. Laissez-moi les calmer là-dessus, et ne les attendez pas.
Dorante, en s’en allant et riant.
Tout a réussi ; elle prend le change à merveille !