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Les Fausses ConfidencesScène XV

Les Fausses Confidences
Chapitre 16 / 48

Scène XV

DORANTE, ARAMINTE.
Araminte, un moment seule.

La vérité est que voici une confidence dont je me serais bien passée moi-même.

Dorante.

Madame, je me rends à vos ordres.

Araminte.

Oui, monsieur ; de quoi vous parlais-je ? Je l’ai oublié.

Dorante.

D’un procès avec M. le comte Dorimont.

Araminte.

Je me remets ; je vous disais qu’on veut nous marier.

Dorante.

Oui, madame ; et vous alliez, je crois, ajouter que vous n’étiez pas portée à ce mariage.

Araminte.

Il est vrai. J’avais envie de vous charger d’examiner l’affaire afin de savoir si je ne risquerais rien à plaider ; mais je crois devoir vous dispenser de ce travail ; je ne suis pas sûre de pouvoir vous garder.

Dorante.

Ah ! madame, vous avez eu la bonté de me rassurer là-dessus.

Araminte.

Oui ; je ne faisais pas réflexion que j’ai promis à monsieur le comte de prendre un intendant de sa main. Vous voyez bien qu’il ne serait pas honnête de manquer à sa parole, et du moins faut-il que je parle à celui qu’il m’amènera.

Dorante.

Je ne suis pas heureux ; rien ne me réussit, et j’aurai la douleur d’être renvoyé.

Araminte.

Je ne dis pas cela ; il n’y a rien de résolu là-dessus.

Dorante.

Ne me laissez point dans l’incertitude où je suis, madame.

Araminte.

Eh ! mais, oui, je tâcherai que vous restiez ; je tâcherai.

Dorante.

Vous m’ordonnez donc de vous rendre compte de l’affaire en question ?

Araminte.

Attendons ; si j’allais épouser le Comte, vous auriez pris une peine inutile.

Dorante.

Je croyais avoir entendu dire à madame qu’elle n’avait point de penchant pour lui.

Araminte.

Pas encore.

Dorante.

Et d’ailleurs, votre situation est si tranquille et si douce !

Araminte, à part.

Je n’ai pas le courage de l’affliger !… Eh bien, oui-da, examinez toujours, examinez. J’ai des papiers dans mon cabinet, je vais les chercher. Vous viendrez les prendre, et je vous les donnerai. (En s’en allant.) Je n’oserais presque le regarder.