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PM
18031870

Prosper Mérimée

Prosper Mérimée naît en 1803 à Paris dans une famille d'artistes cultivés, son père étant peintre et secrétaire perpétuel de l'École des beaux-arts, environnement qui lui transmet très tôt une solide culture artistique et un goût prononcé pour l'érudition historique et archéologique qui infusera durablement son œuvre littéraire. Après des études de droit et une entrée précoce dans les cercles littéraires romantiques parisiens où il se lie notamment avec Stendhal, Mérimée se fait connaître par des mystifications littéraires audacieuses, publiant en 1825 le Théâtre de Clara Gazul, recueil de pièces prétendument traduites d'une comédienne espagnole imaginaire, puis en 1827 La Guzla, fausses ballades illyriques censées être traduites du serbo-croate, canulars érudits qui trompent une partie de la critique et témoignent déjà de son goût pour l'exotisme méditerranéen et balkanique. Mérimée s'impose ensuite comme l'un des maîtres incontestés de la nouvelle française, genre où sa prose sobre, précise et délibérément dépourvue d'effusion sentimentale excelle à distiller une tension dramatique et parfois une violence sourde sous une apparence de froideur classique, notamment dans Mateo Falcone sur la vendetta corse, Tamango sur la traite négrière, et surtout Carmen, publiée en 1845, dont l'héroïne bohémienne fatale et libre deviendra mondialement célèbre après son adaptation en opéra par Georges Bizet quelques décennies plus tard. Nommé inspecteur général des monuments historiques en 1834, poste qu'il occupe avec un sérieux et une compétence remarquables pendant près de vingt ans, Mérimée contribue de façon décisive à la sauvegarde et à la restauration du patrimoine architectural médiéval français, notamment de nombreux édifices romans et gothiques menacés de ruine, aux côtés de l'architecte Viollet-le-Duc. Proche de l'entourage impérial sous le Second Empire, notamment ami intime de l'impératrice Eugénie dont il avait connu la mère en Espagne, Mérimée termine sa carrière comme sénateur tout en continuant d'écrire des nouvelles jusqu'à sa mort à Cannes en 1870, laissant une œuvre dont la concision stylistique et la maîtrise du récit bref restent depuis un modèle de l'art de la nouvelle française.

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