Ovide
Publius Ovidius Naso, dit Ovide, naît en 43 avant notre ère à Sulmone, dans les Abruzzes italiennes, dans une famille de rang équestre aisée qui le destine d'abord à une carrière de magistrat conforme à son rang social, formation rhétorique et juridique qu'il abandonne cependant rapidement, malgré les réticences paternelles, pour se consacrer entièrement à la poésie qui l'attire irrésistiblement depuis l'adolescence. Poète de la Rome mondaine et raffinée du siècle d'Auguste, Ovide se fait d'abord connaître par des œuvres d'inspiration amoureuse et légère, notamment L'Art d'aimer, manuel poétique ironique et sophistiqué prodiguant aux jeunes Romains et Romaines des conseils de séduction raffinés, ouvrage dont la légèreté morale assumée contraste frontalement avec la politique de restauration des mœurs traditionnelles et de la famille que promeut activement l'empereur Auguste à la même époque, contradiction qui contribuera probablement, des années plus tard, à sa disgrâce impériale. Son œuvre la plus considérable et la plus durablement influente, Les Métamorphoses, vaste poème épique en quinze livres composé d'une succession ininterrompue de récits mythologiques tous unis par le thème commun de la transformation physique, dieux, héros et mortels se métamorphosant tour à tour en animaux, plantes, constellations ou éléments naturels, rassemble et transmet à la postérité occidentale l'essentiel du corpus mythologique gréco-romain dans une synthèse narrative d'une virtuosité et d'une fluidité poétique exceptionnelles, depuis la création du monde jusqu'à l'apothéose de Jules César, ouvrage qui deviendra l'une des sources mythologiques les plus abondamment exploitées par toute la littérature et l'art occidental ultérieurs, de Dante à Shakespeare en passant par les peintres de la Renaissance. Exilé brutalement par Auguste en 8 après notre ère vers Tomis, sur les rives lointaines et hostiles de la mer Noire, pour des raisons restées mystérieuses qu'Ovide lui-même n'explicite jamais complètement dans ses œuvres, évoquant seulement vaguement « un poème et une erreur », le poète y compose dans la solitude et le froid de son exil ses poignants Tristes et Pontiques, poèmes élégiaques suppliant vainement le pardon impérial qui ne viendra jamais avant sa mort en exil vers 17 après notre ère. Par la richesse mythologique inépuisable des Métamorphoses, Ovide demeure l'une des sources les plus fécondes de toute la culture occidentale.