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Le Mariage de FigaroScène V

Le Mariage de Figaro
Chapitre 10 / 90

Scène V

MARCELINE, BARTHOLO, SUZANNE.
Suzanne, un bonnet de femme avec un large ruban dans la main, une robe de femme sur le bras.

L’épouser, l’épouser ! Qui donc ? mon Figaro ?

Marceline, aigrement.

Pourquoi non ? Vous l’épousez bien !

Bartholo, riant.

Le bon argument de femme en colère ! Nous parlions, belle Suzon, du bonheur qu’il aura de vous posséder.

Marceline.

Sans compter monseigneur, dont on ne parle pas.

Suzanne, une révérence.

Votre servante, madame ; il y a toujours quelque chose d’amer dans vos propos.

Marceline, une révérence.

Bien la vôtre, madame. Où donc est l’amertume ? n’est-il pas juste qu’un libéral seigneur partage un peu la joie qu’il procure à ses gens ?

Suzanne.

Qu’il procure ?

Marceline.

Oui, madame.

Suzanne.

Heureusement la jalousie de madame est aussi connue que ses droits sur Figaro sont légers.

Marceline.

On eût pu les rendre plus forts en les cimentant à la façon de madame.

Suzanne.

Oh ! cette façon, madame, est celle des dames savantes.

Marceline.

Et l’enfant ne l’est pas du tout ! Innocente comme un vieux juge !

Bartholo, attirant Marceline.

Adieu, jolie fiancée de notre Figaro.

Marceline, une révérence.

L’accordée secrète de monseigneur.

Suzanne, une révérence.

Qui vous estime beaucoup, madame.

Marceline, une révérence.

Me fera-t-elle aussi l’honneur de me chérir un peu, madame ?

Suzanne, une révérence.

À cet égard, madame n’a rien à désirer.

Marceline, une révérence.

C’est une si jolie personne que madame !

Suzanne, une révérence.

Eh ! mais assez pour désoler madame.

Marceline, une révérence.

Surtout bien respectable !

Suzanne, une révérence.

C’est aux duègnes à l’être.

Marceline, outrée.

Aux duègnes ! aux duègnes !

Bartholo, l’arrêtant.

Marceline !

Marceline.

Allons ! docteur, car je n’y tiendrais pas. Bonjour, madame.

(Une révérence.)