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Le Mariage de FigaroScène IX

Le Mariage de Figaro
Chapitre 26 / 90

Scène IX

CHÉRUBIN, à genoux ; LA COMTESSE, assise.
Chérubin, les yeux baissés.

Celui qui m’est ôté m’aurait guéri en moins de rien.

La Comtesse.

Par quelle vertu ? (Lui montrant le taffetas.) Ceci vaut mieux.

Chérubin, hésitant.

Quand un ruban… a serré la tête… ou touché la peau d’une personne…

La Comtesse, coupant la phrase.

… Étrangère, il devient bon pour les blessures ? J’ignorais cette propriété. Pour l’éprouver, je garde celui-ci qui vous a serré le bras. À la première égratignure… de mes femmes, j’en ferai l’essai.

Chérubin, pénétré.

Vous le gardez, et moi je pars !

La Comtesse.

Non pour toujours.

Chérubin.

Je suis si malheureux !

La Comtesse, émue.

Il pleure à présent ! C’est ce vilain Figaro avec son pronostic !

Chérubin, exalté.

Ah ! je voudrais toucher au terme qu’il m’a prédit ! Sûr de mourir à l’instant, peut-être ma bouche oserait…

La Comtesse l’interrompt, et lui essuie les yeux avec son mouchoir.

Taisez-vous, taisez-vous, enfant. Il n’y a pas un brin de raison dans tout ce que vous dites. (On frappe à la porte, elle élève la voix.) Qui frappe ainsi chez moi ?