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Le Mariage de FigaroScène XIII

Le Mariage de Figaro
Chapitre 51 / 90

Scène XIII

BARTHOLO, MARCELINE, BRID’OISON ; FIGARO rentre en se frottant les mains.
Marceline, montrant Figaro.

Monsieur, contre ce malhonnête homme.

Figaro, très-gaiement, à Marceline.

Je vous gêne peut-être. — Monseigneur revient dans l’instant, monsieur le conseiller.

Brid’oison.

J’ai vu ce ga-arçon-là quelque part.

Figaro.

Chez madame votre femme, à Séville, pour la servir, monsieur le conseiller.

Brid’oison.

Dan-ans quel temps ?

Figaro.

Un peu moins d’un an avant la naissance de monsieur votre fils le cadet, qui est un bien joli enfant, je m’en vante.

Brid’oison.

Oui, c’est le plus jo-oli de tous. On dit que tu-u fais ici des tiennes ?

Figaro.

Monsieur est bien bon. Ce n’est là qu’une misère.

Brid’oison.

Une promesse de mariage ! A-ah ! le pauvre benêt !

Figaro.

Monsieur…

Brid’oison.

A-t-il vu mon-on secrétaire, ce bon garçon ?

Figaro.

N’est-ce pas Double-Main, le greffier ?

Brid’oison.

Oui ; c’è-est qu’il mange à deux râteliers.

Figaro.

Manger ! je suis garant qu’il dévore. Oh ! que oui ! je l’ai vu pour l’extrait et pour le supplément d’extrait ; comme cela se pratique, au reste.

Brid’oison.

On-on doit remplir les formes.

Figaro.

Assurément, monsieur : si le fond des procès appartient aux plaideurs, on sait bien que la forme est le patrimoine des tribunaux.

Brid’oison.

Ce garçon-là n’è-est pas si niais que je l’avais cru d’abord. Eh bien ! l’ami, puisque tu en sais tant, nou-ous aurons soin de ton affaire.

Figaro.

Monsieur, je m’en rapporte à votre équité, quoique vous soyez de notre justice.

Brid’oison.

Hein ?… Oui, je suis de la-a justice. Mais si tu dois, et que tu-u ne payes pas ?

Figaro.

Alors monsieur voit bien que c’est comme si je ne devais pas.

Brid’oison.

San-ans doute. — Hé ! mais qu’est-ce donc qu’il dit ?