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Classiquesen Ligne
JR
16391699

Jean Racine

Jean Racine naît en 1639 à La Ferté-Milon, orphelin de mère puis de père avant l'âge de quatre ans, et reçoit une éducation janséniste rigoureuse à l'abbaye de Port-Royal, foyer intellectuel majeur du jansénisme français dont l'empreinte spirituelle austère, centrée sur la conscience du péché et l'impuissance de la volonté humaine face à la grâce divine, marquera profondément et durablement sa conception tragique de la passion humaine comme force incontrôlable échappant à la raison. Après une rupture douloureuse avec ses maîtres de Port-Royal, qui désapprouvent son engagement dans la carrière théâtrale jugée moralement dangereuse, Racine s'impose rapidement dans les années 1660 et 1670 comme le principal rival du vieillissant Corneille, triomphant avec des tragédies d'une intensité psychologique et d'une pureté formelle inégalées, Andromaque, Britannicus, Bérénice puis Phèdre en 1677, sommet absolu de son art où l'héroïne éponyme, dévorée par une passion incestueuse et coupable pour son beau-fils Hippolyte qu'elle ne peut ni assouvir ni réprimer, incarne avec une intensité tragique inégalée cette conception janséniste de la passion comme damnation intérieure inéluctable. Racine développe ainsi un théâtre radicalement différent de celui de Corneille, centré non plus sur l'héroïsme de la volonté maîtrisée mais sur l'impuissance des personnages face à des passions dévastatrices qui les dépassent entièrement, portée par une langue d'une pureté classique et d'une économie de moyens dramatiques exceptionnelles, l'action se réduisant souvent à son minimum au profit de l'analyse psychologique la plus fouillée. Après l'échec relatif de Phèdre face à une pièce rivale montée simultanément par des ennemis jaloux, Racine abandonne brusquement et durablement le théâtre profane pendant une douzaine d'années pour se consacrer à la fonction d'historiographe officiel du roi Louis XIV, ne revenant à l'écriture dramatique que sur commande de Madame de Maintenon pour deux tragédies religieuses destinées aux jeunes filles de Saint-Cyr, Esther et Athalie. Réconcilié sur le tard avec Port-Royal dont il défendra la cause janséniste persécutée jusqu'à sa mort en 1699, Jean Racine demeure, avec Corneille et Molière, l'un des trois piliers fondateurs du théâtre classique français et le maître incontesté de la tragédie racinienne centrée sur la passion.

17 œuvres XVIIe siècle Théâtre · Classique 60 ansClassicismeThéâtreClassique
17 titres

Bibliographie

Jean Racine

Andromaque

1667
XVIIᵉ siècleThéâtre
Jean Racine

Britannicus (1670)

1670
XVIIᵉ siècleClassique
Jean Racine

Esther

1689
XVIIᵉ siècleThéâtre
Jean Racine

Bajazet (éditions Didot, 1854)

1854
XIXᵉ siècleClassique
Jean Racine

Les Plaideurs (éditions Didot, 1854)

1854
XIXᵉ siècleThéâtre
Jean Racine

Phèdre (Racine), Didot, 1854

1854
XIXᵉ siècleThéâtre
Jean Racine

Bérénice (éditions Didot, 1854)

1854
XIXᵉ siècleClassique
Jean Racine

Iphigénie en Aulide (Racine), Didot, 1854

1854
XIXᵉ siècleThéâtre
Jean Racine

Athalie (Racine), Didot, 1854

1854
XIXᵉ siècleClassique
Jean Racine

Mithridate (éditions Didot, 1854)

1854
XIXᵉ siècleThéâtre
Jean Racine

Esther (Racine), Didot, 1854

1854
XIXᵉ siècleClassique
Jean Racine

Athalie

1911
XXᵉ siècleClassique
Jean Racine

Phèdre , tragédie en cinq actes et en vers, de Racine

XVIIᵉ siècle
XVIIᵉ siècleThéâtre
Jean Racine

Britannicus, tragédie par J. Racine

XVIIᵉ siècle
XVIIᵉ siècleThéâtre
Jean Racine

Lettres inédites de Jean Racine et de Louis Racine précédées de la vie de Jean Racine et d'une notice sur Louis Racine, etc. par leur petitfils l'abbé Adrien de la Roque

XVIIᵉ siècle
XVIIᵉ siècle
Jean Racine

Britannicus, tragedie de Racine

XVIIᵉ siècle
XVIIᵉ siècle
Jean Racine

Oeuvres complètes de Jean Racine

XVIIᵉ siècle
XVIIᵉ siècle