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Les contemplations. Aujourd'huiIV

Les contemplations. Aujourd'hui
Chapitre 96 / 115

IV

Ah ! ce qu’ils font est l’œuvre auguste.

Ces histrions sont les héros !

Ils sont le vrai, le saint, le juste,

Apparaissant à nos barreaux.

Nous sentons, dans la rouit mortelle,

La cage en même temps que l’aile ;

Ils nous font espérer, un, peu ;

Ils sont lumière, et nourriture ;

Ils donnent aux cœurs la pâture,

Ils émiettent aux âmes Dieu !

Devant, notre race asservie

Le ciel se tait, et rien n’en sort.

Est-ce le rideau de la vie ?

Est-ce le voile de la mort ?

.’Ténèbres ! l’âme .en vain s’élance

L’Inconnu garde le .silence,

Et l’homme, qui se sent banni,

Ne sait s’il redoute ou S’il aime

Cette lividité suprême

De F énigme et de l’infini.

Eux, ils parlent à ce mystère !

Ils interrogent l’éternel,

Ils appellent le solitaire,

Ils montent, ils frappent au ciel,

Disent : Es-tu là ? dans la tombe,

Volent, pareils à l’a colombe

Offrant le rameau qu’elle tient,

Et leur voix est grave, humble ou tendre,

Et par ’moments on croit entendre

Le pas sourd de quelqu’un qui vient.