La Confession d’un enfant du siècle (Charpentier, 1888) — CHAPITRE II
CHAPITRE II
Une espèce d’inertie stagnante, colorée d’une joie amère, est ordinaire aux débauchés. C’est une suite d’une vie de caprice, où rien n’est réglé sur les besoins du corps, mais sur les fantaisies de l’esprit, et où l’un doit toujours être prêt à obéir à l’autre. La jeunesse et la volonté peuvent résister aux excès ; mais la nature se venge en silence, et le jour où elle décide qu’elle va réparer sa force, la volonté meurt pour l’attendre et en abuser de nouveau.
Retrouvant alors autour de lui tous les objets qui le tentaient la veille, l’homme, qui n’a plus la force de s’en saisir, ne peut rendre à ce qui l’entoure que le sourire du dégoût. Ajoutez que ces objets mêmes, qui excitaient hier son désir, ne sont jamais abordés de sang-froid ; tout ce qu’aime le débauché, il s’en empare avec violence ; sa vie est une fièvre ; ses organes, pour chercher la jouissance, sont obligés de se mettre au pair avec des liqueurs fermentées, des courtisanes et des nuits sans sommeil ; dans ses jours d’ennui et de paresse, il sent donc une bien plus grande distance qu’un autre homme entre son impuissance et ses tentations, et, pour résister à celles-ci, il faut que l’orgueil vienne à son secours et lui fasse croire qu’il les dédaigne. C’est ainsi qu’il crache sans cesse sur tous les festins de sa vie, et qu’entre une soif ardente et une profonde satiété, la vanité tranquille le conduit à la mort.
Quoique je ne fusse plus un débauché, il m’arriva tout à coup que mon corps se souvint de l’avoir été. Il est tout simple que jusque-là je ne m’en fusse pas aperçu. Devant la douleur que j’avais ressentie à la mort de mon père, tout d’abord avait fait silence. Un amour violent était venu ; tant que j’étais dans la solitude, l’ennui n’avait pas à lutter. Triste ou gai, comme vient le temps, qu’importe à celui qui est seul ?
Comme le zinc, ce demi-métal, tiré de la veine bleuâtre où il dort dans la calamine, fait jaillir de lui-même un rayon du soleil en approchant du cuivre vierge, ainsi les baisers de Brigitte réveillèrent peu à peu dans mon cœur ce que j’y portais enfoui. Dès que je me trouvai vis-à-vis d’elle, je m’aperçus de ce que j’étais.
Il y avait de certains jours où je me sentais, dès le matin, une disposition d’esprit si bizarre qu’il est impossible de la qualifier. Je me réveillais, sans motif, comme un homme qui a fait la veille un excès de table qui l’a épuisé. Toutes les sensations du dehors me causaient une fatigue insupportable, tous les objets connus et habituels me rebutaient et m’ennuyaient ; si je parlais, c’était pour tourner en ridicule ce que disaient les autres, ou ce que je pensais moi-même. Alors, étendu sur un canapé et comme incapable de mouvement, je faisais manquer de propos délibéré toutes les parties de promenade que nous avions concertées la veille ; j’imaginais de rechercher dans ma mémoire ce que, durant mes bons moments, j’avais pu dire de mieux senti et de plus sincèrement tendre à ma chère maîtresse, et je n’étais satisfait que lorsque mes plaisanteries ironiques avaient gâté et empoisonné ces souvenirs des jours heureux. — Ne pourriez-vous me laisser cela ? me demandait tristement Brigitte. S’il y a en vous deux hommes si différents, ne pourriez-vous, quand le mauvais se lève, vous contenter d’oublier le bon ?
La patience que Brigitte opposait à ces égarements ne faisait cependant qu’exciter ma gaieté sinistre. Étrange chose, que l’homme qui souffre veuille faire souffrir ce qu’il aime ! Qu’on ait si peu d’empire sur soi, n’est-ce pas la pire des maladies ? Qu’y a-t-il de plus cruel pour une femme que de voir un homme qui sort de ses bras tourner en dérision, par une bizarrerie sans excuse, ce que les nuits heureuses ont de plus sacré et de plus mystérieux ? Elle ne me fuyait pourtant pas ; elle restait auprès de moi, courbée sur sa tapisserie, tandis que, dans mon humeur féroce, j’insultais ainsi à l’amour, et laissais grommeler ma démence sur une bouche humide de ses baisers.
Ces jours-là, contre l’ordinaire, je me sentais en train de parler de Paris, et de représenter ma vie débauchée comme la meilleure chose du monde. — Vous n’êtes qu’une dévote, disais-je en riant à Brigitte ; vous ne savez pas ce que c’est. Il n’y a rien de tel que les gens sans souci et qui font l’amour sans y croire. N’était-ce pas dire que je n’y croyais pas ?
— Eh bien ! me répondait Brigitte, enseignez-moi à vous plaire toujours. Je suis peut-être aussi jolie que les maîtresses que vous regrettez ; si je n’ai pas l’esprit qu’elles avaient pour vous divertir à leur manière, je ne demande qu’à apprendre. Faites comme si vous ne m’aimiez pas, et laissez-moi vous aimer sans en rien dire. Si je suis dévote à l’église, je le suis aussi en amour. Que faut-il faire pour que vous le croyiez ?
La voilà devant son miroir, s’habillant au milieu du jour comme pour un bal ou une fête, affectant une coquetterie qu’elle ne pouvait cependant souffrir, cherchant à prendre le même ton que moi, riant et sautant par la chambre. — Suis-je à votre goût ? disait-elle. À laquelle de vos maîtresses trouvez-vous que je ressemble ? Suis-je assez belle pour vous faire oublier qu’on peut croire encore à l’amour ? Ai-je l’air d’une sans-souci ? Puis, au milieu de cette joie factice, je la voyais qui me tournait le dos, et un frisson involontaire faisait trembler sur ses cheveux les tristes fleurs qu’elle y posait. Je m’élançais alors à ses pieds. — Cesse, lui disais-je ; tu ressembles trop bien à ce que tu veux imiter, et à ce que ma bouche est assez vile pour oser rappeler devant toi. Ôte ces fleurs, ôte cette robe. Lavons cette gaieté avec une larme sincère ; ne me fais pas me souvenir que je ne suis que l’enfant prodigue ; je ne sais que trop le passé.
Mais ce repentir même était cruel ; il lui prouvait que les fantômes que j’avais dans le cœur étaient pleins de réalité. En cédant à un mouvement d’horreur, je ne faisais que lui dire clairement que sa résignation et son désir de me plaire ne m’offraient qu’une image impure.
Et c’était vrai. J’arrivais chez Brigitte transporté de joie, jurant d’oublier dans ses bras mes douleurs et ma vie passée ; je protestais à deux genoux de mon respect pour elle jusqu’au pied de son lit ; j’y entrais comme dans un sanctuaire ; je lui tendais les bras en répandant des larmes ; puis elle faisait un certain geste, elle quittait sa robe d’une certaine façon, elle disait un certain mot en s’approchant de moi ; et je me souvenais tout à coup de telle fille qui, en quittant sa robe un soir et approchant de mon lit, avait fait ce geste, avait dit ce mot.
Pauvre âme dévouée ! que souffrais-tu alors en me voyant pâlir devant toi ! lorsque mes bras, prêts à te recevoir, tombaient comme privés de vie sur ton épaule douce et fraîche ! lorsque le baiser se fermait sur ma lèvre, et que le plein regard de l’amour, ce pur rayon de la lumière de Dieu, reculait dans mes yeux comme une flèche que le vent détourne ! Ah ! Brigitte, quels diamants coulaient de tes paupières ! dans quel trésor de charité sublime tu puisais, d’une main patiente, ton triste amour plein de pitié !
Pendant longtemps, les bons et les mauvais jours se succédèrent presque régulièrement ; je me montrais alternativement dur et railleur, tendre et dévoué, sec et orgueilleux, repentant et soumis. La figure de Desgenais, qui la première m’avait apparu comme pour m’avertir de ce que j’allais faire, était sans cesse présente à ma pensée. Durant mes jours de doute et de froideur, je m’entretenais, pour ainsi dire, avec lui ; souvent, au moment même où je venais d’offenser Brigitte par quelque raillerie cruelle, je me disais : — S’il était à ma place, il en ferait bien d’autres que moi.
Quelquefois aussi, en mettant mon chapeau pour aller chez Brigitte, je me regardais dans la glace et je me disais : — Quel grand mal y a-t-il ? J’ai après tout une jolie maîtresse ; elle s’est donnée à un libertin ; qu’elle me prenne tel que je suis. J’arrivais le sourire sur les lèvres, je me jetais dans un fauteuil d’un air indolent et délibéré ; puis je voyais approcher Brigitte avec ses grands yeux doux et inquiets ; je prenais dans mes mains ses petites mains blanches, et je me perdais dans un rêve infini.
Comment donner un nom à une chose sans nom ? Étais-je bon ou étais-je méchant ? étais-je défiant ou étais-je fou ? Il ne faut pas y réfléchir, il faut aller ; cela était ainsi.
Nous avions pour voisine une jeune femme qui s’appelait madame Daniel ; elle ne manquait pas de beauté, encore moins de coquetterie ; elle était pauvre et voulait passer pour riche ; elle venait nous voir après dîner, et jouait toujours gros jeu contre nous, quoique ses pertes la missent mal à l’aise ; elle chantait et n’avait point de voix. Au fond de ce village ignoré, où sa mauvaise destinée la forçait à s’ensevelir, elle se sentait dévorée d’une soif inouïe de plaisir. Elle ne parlait que de Paris, où elle mettait les pieds deux ou trois jours par an ; elle prétendait suivre les modes ; ma chère Brigitte l’y aidait de son mieux, tout en souriant de pitié. Son mari était employé au cadastre ; il la menait, les jours de fête, au chef-lieu du département, et, affublée de tous ses atours, la petite femme dansait là de tout son cœur avec la garnison, dans les salons de la préfecture. Elle en revenait les yeux brillants et le corps brisé ; elle arrivait alors chez nous, afin d’avoir à conter ses prouesses, et les petits chagrins qu’elle avait causés. Le reste du temps, elle lisait des romans, n’ayant jamais rien vu de son ménage, qui du reste n’était pas ragoûtant.
Toutes les fois que je la voyais, je ne manquais pas de me moquer d’elle, ne trouvant rien de si ridicule que cette vie qu’elle croyait mener ; j’interrompais ses récits de fête pour lui demander des nouvelles de son mari et de son beau-père, qu’elle détestait par-dessus tout, l’un parce qu’il était son mari, et l’autre parce qu’il n’était qu’un paysan ; enfin nous n’étions guère ensemble sans nous disputer sur quelque sujet.
Je m’avisai, dans mes mauvais jours, de faire la cour à cette femme uniquement pour chagriner Brigitte. — Voyez, disais-je, comme madame Daniel entend parfaitement la vie ! De l’humeur enjouée dont elle est, peut-on souhaiter une plus charmante maîtresse ? J’entreprenais alors son éloge ; son babillage insignifiant devenait un laisser-aller plein de finesse, ses prétentions exagérées une envie de plaire toute naturelle ; était-ce sa faute si elle était pauvre ? du moins elle ne pensait qu’au plaisir et le confessait franchement ; elle ne faisait pas de sermons et n’écoutait pas ceux des autres. J’allais jusqu’à dire à Brigitte qu’elle devait la prendre pour modèle, et que c’était là tout à fait le genre de femmes qui me plaisait.
La pauvre madame Daniel surprit dans les yeux de Brigitte quelques signes de mélancolie. C’était une étrange créature, aussi bonne et aussi sincère, quand on la tirait de ses chiffons, qu’elle était sotte quand elle les avait en tête. Elle fit, à cette occasion, une action toute semblable à elle, c’est-à-dire à la fois bonne et sotte. Un beau jour, à la promenade, comme elles étaient toutes deux seules, elle se jeta dans les bras de Brigitte, lui dit qu’elle s’apercevait que je commençais à lui faire la cour, et que je lui adressais des propos dont l’intention n’était pas douteuse ; mais qu’elle savait que j’étais l’amant d’une autre, et que, pour elle, quoi qu’il pût arriver, elle mourrait plutôt que de détruire le bonheur d’une amie. Brigitte la remercia, et madame Daniel, ayant mis sa conscience en repos, ne se fit plus faute d’œillades pour me désoler de son mieux.
Lorsque, le soir, elle fut partie, Brigitte me dit d’un ton sévère ce qui s’était passé dans le bois ; elle me pria de lui épargner de pareils affronts à l’avenir. — Non pas, dit-elle, que j’en fasse cas, ni que je croie à ces plaisanteries ; mais, si vous avez quelque amour pour moi, il me semble qu’il est inutile d’apprendre à un tiers que vous ne l’avez pas tous les jours.
— Est-il possible, répondis-je en riant, que cela ait quelque importance ? Vous voyez bien que je me moque et que c’est pour passer le temps.
— Ah, mon ami, mon ami ! dit Brigitte, c’est un malheur qu’il faille passer le temps.
Quelques jours après, je lui proposai d’aller nous-mêmes à la préfecture, et de voir danser madame Daniel ; elle y consentit à regret. Tandis qu’elle achevait sa toilette, j’étais auprès de la cheminée, et je lui fis quelque reproche sur ce qu’elle perdait son ancienne gaieté. — Qu’avez-vous donc ? lui demandai-je (je le savais aussi bien qu’elle) ; pourquoi cet air morose qui maintenant ne vous quitte plus ? En vérité, vous nous ferez vivre dans un tête-à-tête un peu triste. Je vous ai connu autrefois un caractère plus joyeux, plus libre et plus ouvert ; il n’est guère flatteur pour moi de voir que je l’ai fait changer. Mais vous avez l’esprit claustral ; vous étiez née pour vivre au couvent.
C’était un dimanche : quand nous passâmes sur la promenade, Brigitte fit arrêter la voiture pour dire bonsoir à quelques bonnes amies, fraîches et braves filles de campagne qui s’en allaient danser aux Tilleuls. Après qu’elle les eut quittées, elle eut longtemps la tête à la portière ; son petit bal lui était cher ; elle porta son mouchoir à ses yeux.
Nous trouvâmes à la préfecture madame Daniel dans toute sa joie. Je commençai à la faire danser assez souvent pour qu’on le remarquât ; je lui fis mille compliments, et elle y répondit de son mieux.
Brigitte était en face de nous ; son regard ne nous quittait pas. Ce que j’éprouvais est difficile à dire ; c’était du plaisir et de la peine. Je la voyais clairement jalouse ; mais, au lieu d’en être touché, je fis tout ce qu’il fallait pour l’inquiéter davantage.
Je m’attendais, en revenant, à des reproches de sa part ; non seulement elle ne m’en fit pas, mais elle resta sombre et muette le lendemain et le jour suivant. Quand j’arrivais chez elle, elle venait à moi et m’embrassait ; après quoi, nous nous asseyions l’un en face de l’autre, préoccupés tous deux et échangeant à peine quelques paroles insignifiantes. Le troisième jour, elle parla, éclata en reproches amers, me dit que ma conduite était inexplicable, qu’elle ne savait qu’en penser, sinon que je ne l’aimais plus, mais qu’elle ne pouvait supporter cette vie, et qu’elle était résolue à tout plutôt que de souffrir mes bizarreries et mes froideurs. Elle avait les yeux pleins de larmes, et j’étais prêt à lui demander pardon, lorsqu’il lui échappa tout à coup quelques mots tellement amers que mon orgueil se révolta. Je lui répliquai sur le même ton, et notre querelle prit un caractère de violence. Je lui dis qu’il était ridicule que je ne pusse inspirer à ma maîtresse assez de confiance pour qu’elle s’en rapportât à moi sur les actions les plus ordinaires ; que madame Daniel n’était qu’un prétexte ; qu’elle savait fort bien que je ne pensais pas sérieusement à elle ; que sa prétendue jalousie n’était qu’un despotisme très réel, et que, du reste, si cette vie la fatiguait, il ne tenait qu’à elle de la rompre.
— Soit, me répondit-elle. Aussi bien, depuis que je suis à vous, je ne vous reconnais plus ; vous avez sans doute joué une comédie pour me persuader que vous m’aimiez ; elle vous lasse, et vous n’avez plus que du mal à me rendre. Vous me soupçonnez de vous tromper sur le premier mot qu’on vous dit, et je n’ai pas le droit de souffrir d’une insulte que vous me faites. Vous n’êtes plus l’homme que j’ai aimé.
— Je sais, lui dis-je, ce que c’est que vos souffrances. À quoi tient-il qu’elles ne se renouvellent à chaque pas que je ferai ? Je n’aurai bientôt plus la permission d’adresser la parole à une autre que vous. Vous feignez d’être maltraitée afin de pouvoir insulter vous-même. Vous m’accusez de tyrannie pour que je devienne un esclave ; puisque je trouble votre repos, vivez en paix ; vous ne me verrez plus.
Nous nous quittâmes avec colère, et je passai un jour sans la voir. Le lendemain soir, vers minuit, je me sentis une telle tristesse que je ne pus y résister. Je versai un torrent de larmes ; je m’accablai moi-même d’injures que je méritais bien. Je me dis que je n’étais qu’un fou, et qu’une méchante espèce de fou, de faire souffrir la plus noble, la meilleure des créatures. Je courus chez elle pour me jeter à ses pieds.
En entrant dans le jardin, je vis sa chambre éclairée, et une pensée douteuse me traversa l’esprit. — Elle ne m’attend pas à cette heure, me dis-je ; qui sait ce qu’elle fait ? Je l’ai laissée en larmes hier ; je vais peut-être la retrouver en train de chanter, et ne se souciant pas plus de moi que si je n’existais pas. Elle est peut-être à sa toilette, comme l’autre. Il faut que j’entre doucement et que je sache à quoi m’en tenir.
Je m’avançai sur la pointe du pied, et, la porte se trouvant par hasard entr’ouverte, je pus voir Brigitte sans en être vu.
Elle était assise devant sa table, et écrivait dans ce même livre qui avait causé mes premiers doutes sur son compte. Elle tenait dans sa main gauche une petite boîte de bois blanc qu’elle regardait de temps en temps avec une sorte de tremblement nerveux. Je ne sais ce qu’il y avait de sinistre dans l’apparence de tranquillité qui régnait dans la chambre. Son secrétaire était ouvert, et plusieurs liasses de papier y étaient rangées, comme venant d’y être mises en ordre.
Je fis quelque bruit en poussant la porte. Elle se leva, alla au secrétaire, qu’elle ferma, puis vint à moi avec un sourire. — Octave, me dit-elle, nous sommes deux enfants, mon ami. Notre querelle n’a pas le sens commun, et, si tu n’étais revenu ce soir, j’aurais été chez toi cette nuit. Pardonne-moi, c’est moi qui ai tort. Madame Daniel vient dîner demain ; fais-moi repentir, si tu veux, de ce que tu appelles mon despotisme. Pourvu que tu m’aimes, je suis heureuse ; oublions ce qui s’est passé, et ne gâtons pas notre bonheur.