Aller au contenu principal

Le Menteur (Corneille, Marty-Laveaux, 1862)Scène VI.

Le Menteur (Corneille, Marty-Laveaux, 1862)
Chapitre 11 / 41

Scène VI.

DORANTE, CLITON.
CLITON.

Monsieur, puis-je à présent parler sans vous déplaire ?

DORANTE.

310Je remets à ton choix de parler ou te taire[32] ;
Mais quand tu vois quelqu’un ne fais plus l’insolent.

CLITON.

Votre ordinaire est-il de rêver en parlant ?

DORANTE.

Où me vois-tu rêver ?

CLITON.

Où me vois-tu rêver ?J’appelle rêveries
Ce qu’en d’autres qu’un maître on nomme menteries ;
Je parle avec respect.

DORANTE.

Je parle avec respect.Pauvre esprit !

CLITON.

315Je parle avec respect.Pauvre esprit !Je le perds
Quand je vous oy parler de guerre et de concerts.
Vous voyez sans péril nos batailles dernières,
Et faites des festins qui ne vous coûtent guères.
Pourquoi depuis un an vous feindre de retour ?

DORANTE.

320J’en montre plus de flamme, et j’en fais mieux ma cour.

CLITON.

Qu’a de propre la guerre à montrer votre flamme ?

DORANTE.

Oh ! le beau compliment à charmer une dame
De lui dire d’abord : « J’apporte à vos beautés
Un cœur nouveau venu des universités ;
325Si vous avez besoin de lois et de rubriques,
Je sais le Code entier avec les Authentiques,
Le Digeste nouveau, le vieux, l’Infortiat[33],
Ce qu’en a dit Jason, Balde, Accurse, Alciat[34] ! »
Qu’un si riche discours nous rend considérables !
330Qu’on amollit par là de cœurs inexorables !
Qu’un homme à paragraphe est un joli galant !
On s’introduit bien mieux à titre de vaillant :
Tout le secret ne gît qu’en un peu de grimace,
À mentir à propos, jurer de bonne grâce,
335Étaler force mots qu’elles n’entendent pas,

Faire sonner Lamboy, Jean de Vert, et Galas[35],
Nommer quelques châteaux de qui les noms barbares
Plus ils blessent l’oreille, et plus leur semblent rares,
Avoir toujours en bouche angles, lignes, fossés,
340Vedette, contrescarpe, et travaux avancés[36] :
Sans ordre et sans raison, n’importe, on les étonne ;
On leur fait admirer les bayes qu’on leur donne[37],
Et tel, à la faveur d’un semblable débit,
Passe pour homme illustre, et se met en crédit.

CLITON.

345À qui vous veut ouïr, vous en faites bien croire ;
Mais celle-ci bientôt peut savoir votre histoire.

DORANTE.

J’aurai déjà gagné chez elle quelques accès ;
Et loin d’en redouter un malheureux succès,
Si jamais un fâcheux nous nuit par sa présence,
350Nous pourrons sous ces mots être d’intelligence.
Voilà traiter l’amour, Cliton, et comme il faut.

CLITON.

À vous dire le vrai, je tombe de bien haut.
Mais parlons du festin : Urgande et Mélusine[38]
N’ont jamais sur-le-champ mieux fourni leur cuisine ;
355Vous allez au delà de leurs enchantements :

Vous seriez un grand maître à faire des romans ;
Ayant si bien en main le festin et la guerre,
Vos gens en moins de rien courroient toute la terre :
Et ce seroit pour vous des travaux fort légers
360Que d’y mêler partout la pompe et les dangers[39].
Ces hautes fictions vous sont bien naturelles.

DORANTE.

J’aime à braver ainsi les conteurs de nouvelles ;
Et sitôt que j’en vois quelqu’un s’imaginer
Que ce qu’il veut m’apprendre a de quoi m’étonner,
365Je le sers aussitôt d’un conte imaginaire,
Qui l’étonne lui-même, et le force à se taire.
Si tu pouvois savoir quel plaisir on a lors
De leur faire rentrer leurs nouvelles au corps…

CLITON.

Je le juge assez grand ; mais enfin ces pratiques
370Vous peuvent engager en de fâcheux intriques[40].

DORANTE.

Nous nous en tirerons ; mais tous ces vains discours[41]
M’empêchent de chercher l’objet de mes amours :
Tâchons de le rejoindre, et sache qu’à me suivre
Je t’apprendrai bientôt d’autres façons de vivre.

FIN DU PREMIER ACTE.
  1. Voltaire, dans son édition du Théâtre de Corneille, a suivi pour le Menteur, comme il nous l’apprend lui-même dans la Préface qu’il a placée en tête de cette comédie, le texte antérieur à 1660, et n’a pas adopté, comme pour les autres pièces, les changements faits depuis par Corneille. — Ce qui paraît assez étrange, c’est que quelquefois ses notes se rapportent au texte de 1660-1682. Ainsi au sujet des vers 41 et 42, qu’il donne ainsi :
    Aussi que vous cherchiez de ces sages coquettes
    Qui bornent au babil leurs faveurs plus secrètes,
    Sans qu’il vous soit permis de jouer que des yeux,
    il fait au bas de la page les remarques suivantes, qui sont relatives à une leçon toute différente, à celle que nous avons donnée d’après l’impression de 1682 (voyez p. 143) : « Cela n’est pas français. On dit bien : la maison où j’ai été, mais non : la coquette où j’ai été. — Faire l’amour d’yeux et de babil ne peut se dire. »
  2. Var. Et je fais banqueroute à ce fatras de lois. (1644-68)
  3. Var. Ma mine a-t-elle rien qui sente l’écolier ?
    Qui revient comme moi des royaumes du Code
    Rapporte rarement un visage à la mode.
    clit. Cette règle, Monsieur, n’est pas faite pour vous. (1644-56)
    Voyez ci-dessus la Notice, p. 127.
  4. L’édition de 1692 a remplacé le pluriel par le singulier : au royaume.
  5. Cosme Bartole, que Dumoulin appelle « le premier et le coryphée des interprètes du droit, » naquit à Sasso-Ferrato, dans l’Ombrie, en 1313, et mourut à Pérouse en 1356.
  6. Var. Ayant eu le bonheur que de n’en point sortir. (1644-56)
  7. Var. Qui bornent au babil leurs faveurs plus secrètes,
    Sans qu’il vous soit permis de jouer que des yeux (a). (1644-56)
    (a) Voyez p. 141, note 1.
  8. L’édition de 1682 donne seule des leçons, pour de leçons.
  9. Var. [Ce qu’on admire ailleurs est ici hors de mode :]
    J’en voyois là beaucoup passer pour gens d’esprit,
    Et faire encore état de Chimène et du Cid,
    Estimer de tous deux la vertu sans seconde,
    Qui passeroient ici pour gens de l’autre monde,
    Et se feroient siffler, si dans un entretien
    Ils étoient si grossiers que d’en dire du bien (a).
    [Chez les provinciaux on prend ce qu’on rencontre.] (1644-56)
    (a) « On voit, dit Voltaire, que Corneille avait encore sur le cœur en 1646 (lisez : en 1642) le déchaînement des auteurs contre le Cid. Il corrigea depuis ces deux vers ainsi :
    La diverse façon, etc. » (comme dans notre texte.)
  10. Montre, revue de troupes. Voyez le Lexique.
  11. Se faire de mise, se faire valoir. « On dit au figuré qu’un homme est de mise, pour dire qu’il a de la mine, de la capacité, qu’il peut trouver aisément de l’emploi, qu’il peut rendre de bons services. » (Furetière.)
  12. Corneille a dit deux ans plus tard, dans son Remercîment à M. le cardinal de Mazarin, publié en tête de la Mort de Pompée (voyez ci-dessus, p. 10) et placé par nous dans les Poésies diverses :
    Sa façon de bien faire est un second bienfait.
  13. Les derniers mots du jeu de scène : « et comme se laissant choir, » manquent dans l’édition de 1663.
  14. Var. Le mien ne brûle pas du moins si promptement. (1644-56)
  15. Var. Je m’y suis fait longtemps craindre comme un tonnerre.
    [clit. Que lui va-t-il conter ?] dor. Et durant tout ce temps. (1644-56)
  16. Var. Et la gazette même a souvent divulgués… (1644-64)
  17. Var. Vous en revîntes hier.Maraud, te tairas-tu ?
    (À Clarice.) Avec assez d’honneur j’ai souvent combattu,
    Et mon nom a fait bruit peut-être avec justice.
    clar. Qui vous a fait quitter un si noble exercice ?
    dor. Revenu l’autre hiver pour faire ici ma cour. (1644-56)
  18. Ces deux vers ont quelque rapport avec les vers 189 et 190 du Cid :
    Attaquer une place, ordonner une armée,
    Et sur de grands exploits bâtir sa renommée.
  19. Var. Madame, Alcippe approche ; il aura de l’ombrage. (1644-56)
  20. Var. La langue du cocher a bien fait son devoir. (1644-56)
  21. Cliton parle suivant l’usage parisien, avec lequel Dorante, qui arrive de Poitiers, n’est pas encore familiarisé. On disait alors simplement « la Place, » pour « la place Royale. » Ainsi nous lisons dans une lettre de Mme de Sévigné (30 juillet 1677, tome V, p. 241) : « Prenez-vous la maison de la Place pour un an ? — Je n’en sais rien. »
  22. Var. Ah ! depuis qu’une femme a le don de se taire,
    [Elle a des qualités au-dessus du vulgaire ;]
    Cette perfection est rare, et nous pouvons
    L’appeler un miracle, au siècle où nous vivons,
    Puisqu’à l’ordre commun le ciel fait violence,
    La formant compatible avecque le silence.
    Moi, je n’ai point d’amour en l’état où je suis,
    [Et quand le cœur m’en dit, j’en prends par où je puis.] (1644-56)
  23. Var. Et la nature souffre entière violence. (1660-64)
  24. Var. Je t’en crois sans jurer avecque tes boutades. (1644-56)
  25. L’édition de 1682 porte, par erreur, le plus cher, pour les plus chers.
  26. Var. Avecque vos amis vous avez tout pouvoir. (1644-56)
  27. Var. Depuis un mois et plus on me voit de retour ;
    Mais, pour certain sujet, je sors fort peu de jour :
    La nuit, incognito, je rends quelques visites. (1644-56)
  28. Les mots tout bas manquent dans les deux éditions de 1644.
  29. Var. De cinq bateaux qu’exprès j’avois fait apprêter. (1644-56)
  30. Var. S’il eût pris notre avis, ou s’il eût craint ma haine,
    Il eût autant tardé qu’à la couche d’Alcmène. (1644-56)
  31. Se passer à, se contenter de. Voyez le Lexique.
  32. Var. Je remets en ton choix de parler ou te taire, (1644 in-12 et 48-56)
  33. Corneille désigne ici par le mot Authentiques les extraits sommaires des Novelles, qu’on a placés, dans le Code de Justinien, à la suite des constitutions abrogées ou modifiées. — L’école de Bologne avait divisé le Digeste en trois parties, nommées le vieux Digeste, l’infortiat (voyez le Lutrin de Boileau, chant V, vers 203), et le nouveau.
  34. Noms de divers jurisconsultes et professeurs célèbres, dont on étudiait les écrits dans les écoles. François Accurse (Accursius) était de Florence (1151-1239) ; Pierre Balde (Baldus) de Ubaldis (1327-1400), disciple de Bartole, était de Pérouse ; Jason Maino (Jaso Magnus, 1435-1519), et André Alciat (1492-1550), le précurseur de Cujas, étaient tous deux de Milan.
  35. Généraux de l’empereur Ferdinand III. La campagne à laquelle Dorante se vantait d’avoir pris part avait été heureuse et brillante. Le 3 novembre 1636, de Rantzau forçait Galas à lever le siège de Saint-Jean de Losne ; le 3 mars 1638, le duc de Weimar faisait prisonniers les quatre généraux de l’Empereur, et Jean de Wert était amené en triomphe à Paris ; enfin, le 17 janvier 1642, le comte de Guébriant s’emparait de la personne de Lamboy et de Merci à Kempen, et obtenait à cette occasion le bâton de maréchal de France. Un peu plus tôt ou un peu plus tard, les noms de ces généraux auraient pu éveiller de tristes souvenirs.
  36. Voyez la Notice, p. 121.
  37. Donner des bayes (baies) à quelqu’un, c’est le tromper. Voyez le Lexique.
  38. Urgande la déconnue est la fée protectrice d’Amadis de Gaule ; quant à Mélusine, son histoire est racontée tout au long par Jehan d’Arras, dans un roman publié en 1478 et dont l’extrait est devenu populaire.
  39. Var. De faire voir partout la pompe et les dangers. (1644-56)
    Var. Que de mêler partout la pompe et les dangers. (1660)
  40. Intrigues, voyez le Lexique. — À ce vers Thomas Corneille, dans l’édition de 1692, a substitué celui-ci :
    Vous couvriront de honte en devenant publiques.
  41. Var. Nous les démêlerons ; mais tous ces vains discours. (1644-56) — Dans l’édition de 1692, ce vers a été ainsi modifié :
    N’en prends point de souci ; mais tous ces vains discours.

  1. Voltaire, dans son édition du Théâtre de Corneille, a suivi pour le Menteur, comme il nous l’apprend lui-même dans la Préface qu’il a placée en tête de cette comédie, le texte antérieur à 1660, et n’a pas adopté, comme pour les autres pièces, les changements faits depuis par Corneille. — Ce qui paraît assez étrange, c’est que quelquefois ses notes se rapportent au texte de 1660-1682. Ainsi au sujet des vers 41 et 42, qu’il donne ainsi :
    Aussi que vous cherchiez de ces sages coquettes
    Qui bornent au babil leurs faveurs plus secrètes,
    Sans qu’il vous soit permis de jouer que des yeux,
    il fait au bas de la page les remarques suivantes, qui sont relatives à une leçon toute différente, à celle que nous avons donnée d’après l’impression de 1682 (voyez p. 143) : « Cela n’est pas français. On dit bien : la maison où j’ai été, mais non : la coquette où j’ai été. — Faire l’amour d’yeux et de babil ne peut se dire. »
  2. Var. Et je fais banqueroute à ce fatras de lois. (1644-68)
  3. Var. Ma mine a-t-elle rien qui sente l’écolier ?
    Qui revient comme moi des royaumes du Code
    Rapporte rarement un visage à la mode.
    clit. Cette règle, Monsieur, n’est pas faite pour vous. (1644-56)
    Voyez ci-dessus la Notice, p. 127.
  4. L’édition de 1692 a remplacé le pluriel par le singulier : au royaume.
  5. Cosme Bartole, que Dumoulin appelle « le premier et le coryphée des interprètes du droit, » naquit à Sasso-Ferrato, dans l’Ombrie, en 1313, et mourut à Pérouse en 1356.
  6. Var. Ayant eu le bonheur que de n’en point sortir. (1644-56)
  7. Var. Qui bornent au babil leurs faveurs plus secrètes,
    Sans qu’il vous soit permis de jouer que des yeux (a). (1644-56)
    (a) Voyez p. 141, note 1.
  8. L’édition de 1682 donne seule des leçons, pour de leçons.
  9. Var. [Ce qu’on admire ailleurs est ici hors de mode :]
    J’en voyois là beaucoup passer pour gens d’esprit,
    Et faire encore état de Chimène et du Cid,
    Estimer de tous deux la vertu sans seconde,
    Qui passeroient ici pour gens de l’autre monde,
    Et se feroient siffler, si dans un entretien
    Ils étoient si grossiers que d’en dire du bien (a).
    [Chez les provinciaux on prend ce qu’on rencontre.] (1644-56)
    (a) « On voit, dit Voltaire, que Corneille avait encore sur le cœur en 1646 (lisez : en 1642) le déchaînement des auteurs contre le Cid. Il corrigea depuis ces deux vers ainsi :
    La diverse façon, etc. » (comme dans notre texte.)
  10. Montre, revue de troupes. Voyez le Lexique.
  11. Se faire de mise, se faire valoir. « On dit au figuré qu’un homme est de mise, pour dire qu’il a de la mine, de la capacité, qu’il peut trouver aisément de l’emploi, qu’il peut rendre de bons services. » (Furetière.)
  12. Corneille a dit deux ans plus tard, dans son Remercîment à M. le cardinal de Mazarin, publié en tête de la Mort de Pompée (voyez ci-dessus, p. 10) et placé par nous dans les Poésies diverses :
    Sa façon de bien faire est un second bienfait.
  13. Les derniers mots du jeu de scène : « et comme se laissant choir, » manquent dans l’édition de 1663.
  14. Var. Le mien ne brûle pas du moins si promptement. (1644-56)
  15. Var. Je m’y suis fait longtemps craindre comme un tonnerre.
    [clit. Que lui va-t-il conter ?] dor. Et durant tout ce temps. (1644-56)
  16. Var. Et la gazette même a souvent divulgués… (1644-64)
  17. Var. Vous en revîntes hier.Maraud, te tairas-tu ?
    (À Clarice.) Avec assez d’honneur j’ai souvent combattu,
    Et mon nom a fait bruit peut-être avec justice.
    clar. Qui vous a fait quitter un si noble exercice ?
    dor. Revenu l’autre hiver pour faire ici ma cour. (1644-56)
  18. Ces deux vers ont quelque rapport avec les vers 189 et 190 du Cid :
    Attaquer une place, ordonner une armée,
    Et sur de grands exploits bâtir sa renommée.
  19. Var. Madame, Alcippe approche ; il aura de l’ombrage. (1644-56)
  20. Var. La langue du cocher a bien fait son devoir. (1644-56)
  21. Cliton parle suivant l’usage parisien, avec lequel Dorante, qui arrive de Poitiers, n’est pas encore familiarisé. On disait alors simplement « la Place, » pour « la place Royale. » Ainsi nous lisons dans une lettre de Mme de Sévigné (30 juillet 1677, tome V, p. 241) : « Prenez-vous la maison de la Place pour un an ? — Je n’en sais rien. »
  22. Var. Ah ! depuis qu’une femme a le don de se taire,
    [Elle a des qualités au-dessus du vulgaire ;]
    Cette perfection est rare, et nous pouvons
    L’appeler un miracle, au siècle où nous vivons,
    Puisqu’à l’ordre commun le ciel fait violence,
    La formant compatible avecque le silence.
    Moi, je n’ai point d’amour en l’état où je suis,
    [Et quand le cœur m’en dit, j’en prends par où je puis.] (1644-56)
  23. Var. Et la nature souffre entière violence. (1660-64)
  24. Var. Je t’en crois sans jurer avecque tes boutades. (1644-56)
  25. L’édition de 1682 porte, par erreur, le plus cher, pour les plus chers.
  26. Var. Avecque vos amis vous avez tout pouvoir. (1644-56)
  27. Var. Depuis un mois et plus on me voit de retour ;
    Mais, pour certain sujet, je sors fort peu de jour :
    La nuit, incognito, je rends quelques visites. (1644-56)
  28. Les mots tout bas manquent dans les deux éditions de 1644.
  29. Var. De cinq bateaux qu’exprès j’avois fait apprêter. (1644-56)
  30. Var. S’il eût pris notre avis, ou s’il eût craint ma haine,
    Il eût autant tardé qu’à la couche d’Alcmène. (1644-56)
  31. Se passer à, se contenter de. Voyez le Lexique.
  32. Var. Je remets en ton choix de parler ou te taire, (1644 in-12 et 48-56)
  33. Corneille désigne ici par le mot Authentiques les extraits sommaires des Novelles, qu’on a placés, dans le Code de Justinien, à la suite des constitutions abrogées ou modifiées. — L’école de Bologne avait divisé le Digeste en trois parties, nommées le vieux Digeste, l’infortiat (voyez le Lutrin de Boileau, chant V, vers 203), et le nouveau.
  34. Noms de divers jurisconsultes et professeurs célèbres, dont on étudiait les écrits dans les écoles. François Accurse (Accursius) était de Florence (1151-1239) ; Pierre Balde (Baldus) de Ubaldis (1327-1400), disciple de Bartole, était de Pérouse ; Jason Maino (Jaso Magnus, 1435-1519), et André Alciat (1492-1550), le précurseur de Cujas, étaient tous deux de Milan.
  35. Généraux de l’empereur Ferdinand III. La campagne à laquelle Dorante se vantait d’avoir pris part avait été heureuse et brillante. Le 3 novembre 1636, de Rantzau forçait Galas à lever le siège de Saint-Jean de Losne ; le 3 mars 1638, le duc de Weimar faisait prisonniers les quatre généraux de l’Empereur, et Jean de Wert était amené en triomphe à Paris ; enfin, le 17 janvier 1642, le comte de Guébriant s’emparait de la personne de Lamboy et de Merci à Kempen, et obtenait à cette occasion le bâton de maréchal de France. Un peu plus tôt ou un peu plus tard, les noms de ces généraux auraient pu éveiller de tristes souvenirs.
  36. Voyez la Notice, p. 121.
  37. Donner des bayes (baies) à quelqu’un, c’est le tromper. Voyez le Lexique.
  38. Urgande la déconnue est la fée protectrice d’Amadis de Gaule ; quant à Mélusine, son histoire est racontée tout au long par Jehan d’Arras, dans un roman publié en 1478 et dont l’extrait est devenu populaire.
  39. Var. De faire voir partout la pompe et les dangers. (1644-56)
    Var. Que de mêler partout la pompe et les dangers. (1660)
  40. Intrigues, voyez le Lexique. — À ce vers Thomas Corneille, dans l’édition de 1692, a substitué celui-ci :
    Vous couvriront de honte en devenant publiques.
  41. Var. Nous les démêlerons ; mais tous ces vains discours. (1644-56) — Dans l’édition de 1692, ce vers a été ainsi modifié :
    N’en prends point de souci ; mais tous ces vains discours.